|
Dimanche 2 février 2003
| Faire l'amour en plein air pourra valoir six mois de prison aux Britanniques
 [jeudi 30 janvier 2003 - 12h44 heure de Paris]

|
 Couple de nudistes en plein air à Londres © AFP/Archives Sinead Lynch | LONDRES (AFP) - Les couples pris en flagrant délit de relations sexuelles en plein air ou dans un quelconque lieu public seront passibles de six mois de réclusion, selon un projet de loi britannique sur les crimes sexuels.
Les personnes qui s'exposeront aux regards des passants en se livrant à leurs ébats seront coupables de délits sexuels, a expliqué mercredi le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Hilary Benn. "Personne ne veut être le spectateur malgré lui de personnes faisant l'amour dans un lieu public", a-t-il ajouté, soulignant cependant que la législation ne se préoccuperait pas de telles activités pratiquées dans des lieux privés.
Les ébats amoureux dans un jardin privé visible de la rue tombent sous le coup de la loi. En revanche, y échappe le même spectacle dans un salon donnant sur la rue et dont les rideaux sont restés ouverts.
Ces dispositions visent également le "cottaging", terme qui date des lois victoriennes et qui définit des "rencontres homosexuelles dans les toilettes publiques" totalement interdites au XIXème siècle. Désormais, "si la porte de la cabine des toilettes était ouverte, alors clairement un délit a été commis. Si c'est fermé, c'est différent", a précisé M. Benn.
Ce projet de loi devrait être débattu devant le parlement dans les prochains mois.
|
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:59:12
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
EUROPE
Le Traité de Nice entre en vigueur Le texte, signé en 2000, "ouvre la voie à la première unification pacifique du continent européen", selon le président de la commission européenne.
 Les pays candidats à l'Union européenne (carte Sources d'Europe) | Le Traité de Nice, censé préparer l'élargissement de l'Union européenne, qui accueillera dix nouveaux membres au 1er mai 2004, entre en vigueur samedi. Négocié en 2000 durant la présidence française de l'Union européenne, le texte "ouvre la voie à la première unification pacifique du continent européen", a commenté vendredi le président de la commission européenne Romano Prodi. «En supprimant le droit de veto des Etats membres dans certains domaines, il permettra également à l'Europe d'agir plus efficacement», a-t-il ajouté. La Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, la Slovénie, la République Tchèque, Chypre et Malte doivent faire leur entrée au sein de l'UE au 1er mai 2004. Les changements constitutionnels prévus par le traité doivent prendre concrètement effet en 2004.
Nouvelle pondération
Le traité de Nice élargit le Parlement européen, dont la nouvelle assemblée élue en juin 2004 comptera 732 membres. Le nombre de commissaires européens au sein de la prochaine commission qui entrera en fonction en novembre est limité à 25. Une nouvelle pondération des voix au Conseil des ministres entrera aussi en vigueur au 1er novembre 2004. Et dans 27 domaines, les décisions ne se prendront plus à l'unanimité mais à la majorité qualifiée. La négociation du traité de Nice en décembre 2000 avait fait ressortir les divisions entre les Quinze. Initialement prévu pour deux jours, le sommet avait duré cinq jours, entre marchandages et disputes sur la pondération des votes nationaux. La ratification du traité s'était ensuite avérée difficile, avec le rejet surprise du texte par les électeurs irlandais. Il aura fallu organiser un deuxième référendum pour que ces derniers l'approuvent finalement à l'automne dernier. AP
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:36:19
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
La Belgique marie ses homosexuels Après les Pays-Bas, c'est le deuxième pays à voter une telle loi.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Julie MAJERCZAK
samedi 01 février 2003


|
|
Bruxelles correspondance
es Belges sont décidément surprenants : après avoir légalisé l'euthanasie fin 2002, ils autorisent le mariage homosexuel, et cela alors qu'ils vivent dans une monarchie où la religion catholique garde tout son poids. Et un projet de dépénalisation du cannabis devrait être adopté sous peu. De quoi faire méditer notre République laïque.
Après les Pays-Bas, en décembre 2000, la Belgique devient donc le deuxième pays au monde à autoriser le mariage gay. La proposition de loi a été adoptée, jeudi soir, à une large majorité : 91 voix contre 22, et 9 abstentions. «Les mentalités ayant évolué, il n'y a plus aucune raison de ne pas ouvrir (le mariage) aux personnes du même sexe», a insisté en séance plénière de la Chambre des représentants le ministre de la Justice, Marc Verwilghen.
Entremêlés. Sans surprise, le texte a été soutenu par les écologistes, les socialistes et les libéraux flamands, trois partis laïques. Il a suscité des votes partagés du côté des libéraux francophones, pourtant membres de la coalition gouvernementale. Plus surprenant, il a reçu l'appui d'une partie des sociaux-chrétiens flamands (dans l'opposition). Comme fréquemment en Belgique lorsqu'il s'agit de loi touchant à des questions éthiques, certains partis avaient laissé la liberté de vote à leurs députés. Résultat, les clivages majorité-opposition et croyant-non croyant se sont entremêlés. «Les libéraux ont une image d'humanistes, mais c'est un parti qui a des côtés encore très conservateurs», explique un conseiller ministériel. Quant aux sociaux-chrétiens flamands, «c'est vrai qu'ils nous ont surpris», reconnaît le même conseiller.
Sur le fond, le texte accorde aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels, qu'il s'agisse des droits sociaux, fiscaux ou de ceux liés au patrimoine et à l'héritage. Idem en cas de divorce. Seules exceptions, mais de taille : l'adoption et la filiation. Ainsi, dans le cas d'un couple lesbien, la mère biologique sera considérée comme l'unique parent de l'enfant. Le texte prévoit, en outre, qu'un couple homosexuel ne pourra pas adopter d'enfant.
Concession. Les socialistes et les écologistes ont répété leurs regrets. «Le mariage homosexuel est un premier pas. L'adoption d'enfants par des personnes du même sexe reste en tête de nos priorités», a promis la socialiste flamande Magda De Meyer. «Ce sera pour la prochaine législature», assure la vice-Première ministre socialiste Laurette Onkelinx, tout en rappelant le parcours très difficile de la loi. Outre la rumeur selon laquelle le roi Albert refuserait de signer la loi, le principal obstacle venait des libéraux francophones. C'est d'ailleurs pour lever leur opposition que le gouvernement a dû renoncer à l'adoption. Même avec cette concession majeure, le ministre des Affaires étrangères libéral, Louis Michel, n'a pas été suivi par ses troupes, comme le montre le vote de jeudi. Contrairement à ce que le Premier ministre belge, Guy Ver-hofstadt, avait souhaité en juin 2001, le mariage homosexuel ne sera pas limité aux Belges ou aux personnes originaires de pays où ce type d'union est reconnu. Pour autant, il y a peu de chance que la Belgique devienne le «Las Vegas gay». En effet, la Cour de justice des communautés européennes de mai 2001 a jugé que les pays de l'UE ne sont pas tenus de reconnaître les partenariats enregistrés ou les mariages célébrés entre personnes du même sexe dans d'autres Etats membres. Le texte, qui a déjà reçu le feu vert du Sénat, doit entrer en vigueur quatre mois après sa publication.
|
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:27:30
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
La Grande-Bretagne durcit son droit d'asile Tabloïds et conservateurs dénoncent l'infiltration terroriste.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Christophe BOLTANSKI
samedi 01 février 2003


|
|
Londres de notre correspondant
our les tabloïds britanniques et les leaders conservateurs, tout réfugié est dorénavant un terroriste en puissance. L'amalgame est fait presque chaque jour au Royaume-Uni, depuis le meurtre d'un policier à Manchester et la découverte de ricine, un poison mortel, dans un appartement londonien. Il a suffi que des demandeurs d'asile figurent parmi les personnes arrêtées lors de ces deux opérations antiterroristes pour que l'ensemble du débat sur l'immigration dérape.
«Ghetto de la mort». Le chef des Tories, Iain Duncan Smith, a soufflé un peu plus sur les braises mardi en déclarant qu'un nombre «significatif» de terroristes se cachaient parmi les 100 000 réfugiés qui arrivent chaque année en Grande-Bretagne. «Le message aux terroristes doit être le suivant, a-t-il déclaré. Restez chez vous ou vous serez renvoyés dans votre pays !» Au passage, il a accusé le gouvernement néo-travailliste d'être «incapable» de défendre les frontières du royaume.
Les conservateurs semblent bien décidés à exploiter politiquement la crainte des attentats. Ils sont aidés par une presse populaire qui ne s'embarrasse plus d'aucun scrupule. «Alors que Tony Blair tente de nous convaincre de faire la guerre à l'Irak, nous invitons ouvertement les terroristes à venir profiter de nos allocations sociales», écrit le Sun qui diffuse à 3,5 millions d'exemplaires. «Si Hitler arrivait, nous lui accorderions l'asile», surenchérit le Daily Mail.
Le ministre de l'Intérieur, David Blunkett, a demandé aux médias d'éviter les incitations à la violence. «J'ai peur que des gens ne décident de se faire justice eux-mêmes», a-t-il déclaré au New Statesman, la revue de la gauche britannique. Une inquiétude fondée sur la lecture du News of the World, déjà responsable par le passé de quasi-lynchages de présumés pédophiles. Sous le titre le Ghetto de la mort, l'hebdomadaire dominical fournit au moyen d'une photo aérienne les adresses des étrangers musulmans Irakiens, Algériens, Albanais qui vivent dans le quartier de Manchester où l'inspecteur Stephen Oake a été poignardé.
Droits de l'homme. Cette campagne de haine profite d'abord à l'extrême droite. Le British National Party (BNP) a remporté la semaine dernière une élection locale partielle à Halifax, dans le nord de l'Angleterre. C'est sa cinquième victoire en un an. Une progression qui embarrasse d'autant plus le New Labour qu'elle intervient sur ses terres.
Attaqué de toutes parts, Tony Blair a encore durci le ton contre les clandestins. «La situation actuelle est inacceptable», a-t-il lancé dimanche au risque de faire le jeu de ses adversaires. Alors qu'une nouvelle loi destinée à limiter l'immigration vient d'entrer en vigueur, il envisage de prendre d'autres mesures pour réduire le nombre de demandeurs d'asile «y compris en réexaminant de près nos devoirs dans le cadre de la convention des droits de l'homme».
Oliver Letwin, en charge du dossier de l'Intérieur dans le cabinet fantôme conservateur, l'a immédiatement pris au mot et exigé le retrait de la Grande-Bretagne de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés. Un député travailliste, Derek Wyatt, a réclamé de son côté un moratoire de deux ans sur les demandes d'asile. Dans ce climat chargé, le Guardian, quotidien de gauche, s'est contenté de rappeler que les auteurs des attentats du 11 septembres «étaient entrés aux Etats-Unis en tant qu'étudiants et non comme demandeurs d'asile».
|
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:26:00
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
Staline : L'idole des jeunes
Emmanuel Saint-Martin
Staline revient ! Après Moscou, Saint-Pétersbourg, l'ancienne Leningrad, qui prépare son tricentenaire, se plonge dans les délices de la nostalgie. Bars, cafés et boîtes de nuit misent sur le style « rétro-soviétique ». Au café CCCP (sigle russe pour URSS), les serveurs portent une chemise rouge, ornée d'une faucille et d'un marteau. Au restaurant Propaganda, on a choisi de reconstituer un appartement typiquement brejnevien, des abat-jour aux livres d'antan. Le Papanine a repris le nom d'un explorateur sous Staline, le Plakoutchaïa Iva, celui d'une série télévisée des années 70.
Les propriétaires de ces lieux appellent cela un « concept attractif ». Et la jeunesse branchée accourt. Sans le moindre motif politique. Comme les trentenaires dansent sur Chantal Goya, ceux de Saint-Pet' s'éclatent sur fond d'« Internationale ». Ni plus ni moins que le goût de l'enfance. « Pour eux, il n'y a eu ni dictateurs ni dissidents, commente une sociologue de l'université locale. Ils n'ont pas eu le temps d'être marqués par le régime totalitaire. »
© le point 31/01/03 - N°1585 - Page 12 - 177 mots
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:16:26
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
Etudes, concurrence ou privatisation? A Strasbourg, les étudiants circonspects sur la réforme.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Nicole GAUTHIER
vendredi 31 janvier 2003


|
|
Strasbourg de notre correspondante
l y a le représentant de l'Unef, qui dénonce la «remise en cause du cadre national et égalitaire des diplômes» : «Nous ne voulons pas de pôles d'excellence». Il y a cet étudiant en thèse, qui s'indigne de «l'entrée des entreprises et du Medef dans les universités». Et encore ce tract de FO, distribué à l'entrée de l'amphi : «La solution raisonnable consisterait à suspendre la mise en place de cette réforme» où le syndicat décèle «la marche vers la privatisation de l'université». Mais il y a aussi Benjamin, étudiant en pharmacie, qui lui, aimerait que les choses aillent plus vite pour pouvoir en profiter : «Chez nous, la réforme ne sera mise en place qu'en 2005. Est-ce qu'on pourra quand même bénéficier des avantages de la mobilité si on va étudier dans un autre pays d'Europe ?»
Débat. Hier, ils étaient environ 400 universitaires, étudiants, responsables administratifs et peu d'élus à participer à une table ronde sur la mise en place du LMD (licence, master, doctorat) organisée par l'université Louis-Pasteur de Strasbourg. Ambiance mi-AG, mi-cours magistral. Mi-rebelle, très potache. Un peu de méfiance, beaucoup de questions. Les uns s'inquiètent des noirs desseins «préparés sans concertation par le ministère». Les autres cherchent à comprendre de quoi les lendemains universitaires seront faits : «Les DESS [diplômes d'études supérieures spécialisées, bac + 5], qu'est-ce qu'ils deviennent ?» «Et les IUP [instituts uni versitaires pro fes sion nalisés, bac + 4], on les garde ?»
Face à eux, Jean-Pierre Korolitski, chef de service au ministère de l'Education nationale, Yannick Vallée, président de l'université Joseph Fourier (Grenoble), et Jocelyne Gallezot, vice-présidente de l'université Claude Bernard (Lyon), deux établissements tout juste passés à la réforme.
Questions. Missi dominici du LMD, Jean-Pierre Korolitski en explique la philosophie : «Faire de l'Europe une zone attractive pour le reste du monde.» Tente de rassurer : «Nous n'obligeons personne. Pour la première fois, nous mettons une réforme à l'oeuvre sans abroger les textes antérieurs. Les établissements auront le choix, il n'y aura aucune pression, aucune conséquence en termes de moyens.» Sourires dans la salle. Et encore : «Non, nous ne mettons pas les universités en concurrence. Mais aujourd'hui, il faut bien comprendre que nous sommes en concurrence avec le reste du monde.» Parfois, il se fâche : «Je ne peux pas laisser dire que nous cassons le cadre national des diplômes dans le but de faire plaisir au Medef.» Puis vante encore les mérites du nouveau système : «Il s'agit de donner plus de lisibilité à l'offre universitaire. Par exemple, il existe aujourd'hui dans plusieurs universités un DESS de droit notarial. Il disparaîtra peut-être, mais dans tous les pays du monde, il existe un master of law, pas un DESS de notaires !» Enfin, il y a des cas où Jean-Pierre Korolitski ne répond pas : «Cette question, c'est à vous d'y apporter une réponse», a-t-il répliqué à plusieurs interlocuteurs qui souhaitaient un «prêt-à-l'emploi» précis et technique. C'est bien là que les difficultés commencent.
|
 |
 |
Pour Luc Ferry, ministre de l'Education, les étudiants ont ce qu'ils demandent : «Nous ajoutons simplement des grades communs»
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Emmanuel DAVIDENKOFF
vendredi 31 janvier 2003

 « Je réorganise cela autour d'un principe simple : à diplôme national, évaluation commune sur procédure unique.» |
|
uc Ferry s'y était engagé dès sa nomination, avant même le deuxième tour de la présidentielle : il poursuivra le processus engagé en 1998 à la Sorbonne et visant à la constitution d'un espace européen d'enseignement supérieur. Il doit aujourd'hui convaincre ceux qui craignent que l'université française y perde son âme.
Les étudiants semblent inquiets des réformes engagées en faveur de l'harmonisation européenne des diplômes. Pouvez-vous les rassurer ?
D'abord je ne suis pas sûr que l'inquiétude soit aussi vaste que cela. Elle est portée par quelques organisations mais ne reflète pas forcément la position de l'ensemble des étudiants. Ensuite nous venons de trouver une solution qui devrait les satisfaire afin de garantir le caractère national des diplômes. Les futures licences, masters et doctorats seront désormais habilités en fonction de leur contenu.
Ce n'était pas le cas jusque-là ?
Absolument pas. Ça fonctionnait comme le système des Mines pour une voiture. On vérifiait des critères techniques le nombre d'heures d'enseignement, le statut des enseignants, etc. sans s'intéresser vraiment à la réalité des contenus. Si vous étiez fidèle à ces exigences et que vous aviez de bonnes relations avec la direction de l'enseignement supérieur, vous obteniez votre habilitation je le sais pour l'avoir vécu comme professeur d'université. Par ailleurs, les diplômes des universités et des grandes écoles qui pour beaucoup dépendent d'autres ministères, ne sont pas aujourd'hui évalués par les mêmes instances. Je réorganise cela autour d'un principe simple : à diplôme national, évaluation commune sur procédure unique. En somme, je propose de réunifier l'enseignement supérieur et j'offre aux étudiants très exactement ce qu'ils demandent : la garantie que les diplômes seront vraiment nationaux, ce qui n'est, de fait, pas le cas.
La création du master, à bac +5, signifie-t-elle que les universités ne pourront plus sélectionner fortement les étudiants après la maîtrise (bac +4), comme elles le font ?
Pas du tout. La maîtrise continuera à exister : je ne vais pas supprimer ce niveau de sortie, qui permet par exemple de se présenter à l'agrégation. Il ne faut pas confondre diplômes et grades. Tous les diplômes existants Deug, DUT, etc. sont maintenus. Nous ajoutons simplement de nouveaux grades universitaires, qui seront identiques partout en Europe et faciliteront la mobilité des étudiants.
Vous êtes également soupçonné de profiter des réformes liées à l'Europe pour augmenter les droits d'inscription...
C'est une rumeur totalement infondée mais qui m'inquiète car je l'ai entendue sur des campus. Cela signifie que certains étudiants y croient. Or ce n'est absolument pas dans notre tradition et je n'ai aucunement le projet d'y déroger.
Aucune tentation d'aller vers un modèle américain ?
Non, même si j'en admire certaines vertus. Les campus des plus grandes universités offrent aux enseignants et aux étudiants des conditions de travail exceptionnelles. Ce n'est pas par hasard si vous croisez Habermas ou Serres à Stanford ou Berkeley, pour ne citer que ces exemples. Mais ce modèle repose sur des modes de financement qui nous sont étrangers, aussi bien le recours important aux entreprises que l'importance des droits d'inscription. Je pense en revanche que le modèle français peut être amélioré. Les premiers cycles sont trop spécialisés. C'est pourquoi j'ai proposé l'instauration d'un enseignement de culture générale dans toutes les filières. Mais il ne faut pas rougir : Paris-IV ou Bordeaux-II sont aussi bons que Columbia ou la New York University.
|
En route vers l'harmonisation des diplômes en Europe La réforme est mise en oeuvre par les présidents d'université.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Emmanuel DAVIDENKOFF
vendredi 31 janvier 2003

 LMD Ce sigle désigne le nouvel agencement des grades universitaires : L pour licence, M pour master, D pour doctorat. |
|
ne réforme «complexe et profonde» qui suscite dans les universités «une volonté de création sans commune mesure» avec ce que l'on avait déjà vu. C'était avant-hier soir : Michel Kaplan vice-président de la Conférence des présidents des universités, tirait devant la presse un bilan d'étape très volontariste de la mise en place du «LMD». Ce sigle désigne le nouvel agencement des grades universitaires : L comme licence, M comme master, D comme doctorat. Mais il incarne surtout la mutation de centaines d'universités en Europe qui ont organisé des réunions similaires à celle qui s'est tenue hier à l'université de Strasbourg (lire page 23) afin d'expliquer les conditions d'application du LMD. Objectif : construire un espace universitaire européen qui permettrait aux étudiants et aux enseignants de renouer avec la figure de l'estudiant du moyen âge qui sillonnait les routes pour se former (lire encadré).
L'aventure commence en 1997. Quelques semaines après sa nomination à l'Education nationale, Claude Allègre confie à Jacques Attali une mission destinée à «préparer la France à cette compétition de la matière grise que sera le XXIe siècle».
Les cerveaux d'Allègre. La lettre de mission ne mentionne pas l'Europe. L'objectif officiel est de moderniser le supérieur en rapprochant grandes écoles et universités. Attali se met au travail et s'entoure «d'un condensé de cerveaux impressionnants», selon une collaboratrice d'Allègre : le futur ministre des Finances Francis Mer, le sociologue Alain Touraine, le prix Nobel Georges Charpak, l'entrepreneur Michel-Edouard Leclerc... Mais, très vite, l'Europe s'invite dans la réflexion le titre du document final sera : Pour un modèle européen d'enseignement supérieur. Parce qu'elle apparaît aux membres de la commission Attali comme le bon échelon pour répondre à la puissance de feu américaine. Mais aussi parce qu'Allègre lance dès le mois d'octobre le processus qui va donner naissance au LMD. «Comme conseiller de Jospin entre 1988 et 1992, je m'étais convaincu qu'on n'ar riverait à rien en laissant Bruxelles imposer des normes rigides aux Etats, se souvient Claude Allègre. J'ai pris le problème autrement : en proposant un système qui serait animé par les universités elles-mêmes.» Rendez-vous est pris avec Jürgen Rüttgers, homologue allemand d'Allègre, puis avec l'Italien Luigi Berlinguer. Les trois hommes sympathisent. Ils disent banco à une philosophie qui consiste à créer des passerelles via des diplômes reconnus partout et non, comme on le tentait jusque-là, via une unification des diplômes. L'Angleterre, représentée par Tessa Blackstone, rejoint le processus. Résultat : une rencontre est organisée en mai 1998, à la Sorbonne. Elle pose les bases de «l'espace européen d'enseignement supérieur».
Système de crédits. Elles n'ont pas changé depuis et reposent essentiellement sur deux piliers. D'une part une réorganisation des études autour d'un premier cycle de trois ans (licence) et d'un deuxième de deux ans (master). D'autre part la généralisation des «crédits» sur le modèle préexistant du système ECTS (European Credit Transfer System) ces «crédits» permettent de faciliter la mobilité : un diplôme s'obtient en enchaînant des modules d'enseignement qui rapportent des crédits (des «points»).
Mais l'Europe a failli payer cher cette réunion. L'année suivante, 29 pays sont conviés à un sommet à Bologne (1). Certains ruent dans les brancards, vexés d'avoir été tenus à l'écart. Claude Allègre se souvient d'avoir appelé le ministre de la Recherche portugais, un physicien croisé au Cern, pour qu'il convainque son Premier ministre. Lequel, dans la nuit, infléchit la position de son représentant à Bologne. L'accord est arraché aux forceps. Les 29 affirment «leur adhésion à la déclaration de la Sorbonne». Cette fois, LMD et «crédits» vont rentrer dans les faits.
Pendant tout ce processus, la Commission européenne est tenue à distance, si bien que Bruxelles, aujourd'hui encore, n'est pas l'initiatrice mais l'accompagnatrice de la construction de l'espace européen d'enseignement supérieur. «La démarche était totalement originale, analyse Sylvain Kahn, directeur des affaires européennes de Sciences Po, ancien des cabinets Allègre et Lang. Cette politique a été voulue et assumée hors de l'Union européenne. Elle est pourtant parvenue à imposer les universités et le savoir comme enjeux névralgiques de la construction européenne.» Le secret ? «Elle est fondée sur le respect de la tradition universitaire du Vieux Continent, poursuit Sylvain Kahn. Les universités, fières de leur autonomie depuis le moyen âge, sont responsables de la mise en oeuvre du projet. Lequel, d'ailleurs, ne s'adresse qu'à elles : il est formulé en termes d'objectifs techniques le LMD, les crédits parfaitement identifiables par les universitaires... et totalement abscons pour les familles ou les électeurs.»
Méfiance des étudiants. Jack Lang poursuivra cette politique en faisant adopter les décrets nécessaires. Luc Ferry s'y emploie à son tour. Sans mal avec les présidents d'universités, favorables au processus. Plus difficilement avec une partie des étudiants, qui voient dans le système des crédits l'introduction d'une logique marchande et concurrentielle sur les campus le sigle ECTS est détourné en €CT$ (lire entretien). Ils n'ont pas tort sur un point : le changement en cours s'apparente à une révolution de velours, dont les effets pourraient radicalement changer la face de l'université française dans les dix ans à venir.
(1) Allemagne, Autriche, Bulgarie, Estonie, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.
|
 |
 |
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:11:33
Permalien | |
Dimanche 2 février 2003
Au Venezuela. Face à la contestation, le président Chavez se campe en «libertador» Le crépuscule de Bolivar
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Jean-Hebert ARMENGAUD
vendredi 31 janvier 2003

 «Derrière un grand discours sur la justice sociale se cachait de la pacotille idéologique. Son seul projet est personnel.» Vladimiro Mujica |
|
Caracas envoyé spécial
rrivé en sauveur à la tête du pays en 1998, le président Hugo Chavez, après quatre ans d'exercice personnel du pouvoir, est aujourd'hui, contesté tous les jours dans la rue. Manifestations, grève générale, campagne des chaînes de télé privées pour sa démission.. Reportage dans un pays proche de l'explosion.
Soudain, les programmes s'interrompent, sur la chaîne publique comme sur les quatre chaînes privées du pays. Sur tous les petits écrans du Venezuela apparaît Hugo Chavez, épaules carrées, raide comme peut l'être un ancien lieutenant-colonel de parachutistes, dans son bureau présidentiel du palais de Miraflores. Comme souvent ces dernières semaines, Hugo Chavez inflige un nouveau «discours à la nation». Un discours fleuve où il sera encore une fois beaucoup question de «révolution bolivarienne», de «peuple bolivarien», de «patrie bolivarienne». De Simon Bolivar, simplement, le libertador, héros national de l'indépendance vénézuélienne, au début du XIXe siècle, cité maintes fois. «Simon Bolivar a dit : "Je suis l'homme de la difficulté." J'ajoute, moi : "Nous sommes le peuple de la difficulté."» Donc Hugo Chavez, «soldat bolivarien», bien sûr, veut «commander la bataille», parce qu'il est «né pour [se] battre pour la patrie», il veut «brûler les vaisseaux de la révolution, car il n'y aura pas de marche arrière». Et quand Simon Bolivar n'y suffit plus, sa réincarnation appelle en vrac à la rescousse Dieu, la Bible et Jésus, épuisant le glossaire militaire. «Jésus est mon commandant en chef : mes respects mon commandant !» Ce jour-là, les troupes ennemies sont deux : d'une part, les médias privés, en particulier les chaînes de télévision, qui appellent ouvertement à la démission de Chavez ; d'autre part, le secteur pétrolier le pilier économique du pays, 50 % des recettes de l'Etat , qui a suivi le mot d'ordre de grève générale politique lancé le 2 décembre contre le Président (lire encadré). Les premiers «inventent, mentent», ce sont des «terroristes médiatiques», des «conspirateurs qui prétendent détruire l'Etat pour le compte de puissants intérêts internationaux que nous connaissons tous». Et ce n'est rien à côté des grévistes du pétrole : «Une cinquième colonne, une armée d'occupation», des «saboteurs» et des «pirates» coupables de «trahison à la patrie» et de «crimes contre l'humanité». Heureusement, face à tous ces «fascistes», il y a le peuple, bolivarien bien sûr c'est-à-dire cette partie de la population qui soutient encore le guide : «Je vous aime, je vous adore chaque jour un peu plus.» «Gigantesque arnaque» «Le film de l'homme providentiel ou autre réincarnation de nos libertadores, on l'a trop vu en Amérique latine», lâche Americo Martín, ancien guérillero, aujourd'hui social-démocrate, membre de la Coordination démocratique, vaste ensemble de partis politiques et d'ONG qui fait actuellement office de coalition d'opposition. «Chavez, c'est l'histoire d'une gigantesque arnaque, surenchérit Vladimiro Mujica, également membre de la coalition. Derrière un grand discours sur la justice sociale se cachait de la pacotille idéologique. Son seul projet est personnel, se maintenir au pouvoir coûte que coûte.» «Nous n'avons pas pu tout faire en même temps, nous manquions de cadres, ce qui compte, c'est que le peuple a pris la parole», se défend un conseiller du Président. Et d'ébaucher un début de bilan : les écoles «bolivariennes» aux horaires élargis à l'après-midi pour ne pas laisser les gamins dans la rue, les constructions de logements sociaux, les marchés populaires, aux prix subventionnés... «De la charité, une goutte d'eau dans une mer de pauvreté, estime Consuelo Iranzo, chercheuse en sociologie du travail à l'Université centrale du Venezuela. En 1998, j'ai voté Chavez, il est doté d'un charisme incroyable, mais quatre ans de ces discours répétitifs, c'est épuisant. A l'époque, toute la gauche vénézuélienne était derrière lui, derrière son discours de justice sociale, son rejet du clientélisme, de la corruption, bref ce contre quoi nous avions aussi lutté. En fait, il s'est surtout consacré à s'inventer des ennemis à sa "révolution", à diviser le pays, à s'accaparer tous les pouvoirs, depuis le Tribunal suprême jusqu'aux syndicats en passant par la Cour des comptes.» Hugo Chavez a séduit pendant des années des millions de Vénézuéliens, et son charme, son bagout fascinent toujours. Il crève l'écran, déjà, au matin du 4 février 1992, en annonçant sa reddition après le coup d'Etat manqué contre le président Carlos Andres Perez qui sera destitué un an plus tard pour corruption. «J'assume la responsabilité de ce mouvement militaire bolivarien (...). D'autres occasions se présenteront...», prévient le commandant du bataillon de parachutistes de Maracay. Né en 1954, fils d'instituteurs de province, Hugo Chavez va croiser comme jeune sous-officier l'écume des guérillas marxistes défaites dans les années 60. En 1982, il fonde avec des compagnons d'armes avec lesquels il prête serment à... Bolivar le MBR, le Mouvement bolivarien révolutionnaire. Le putsch raté de 1992 le propulse sur une scène politique et sociale de plus en plus minée par les partis traditionnels, les sociaux-démocrates d'AD (Action démocratique) et les sociaux-chrétiens de Copei, qui se partagent le pays depuis quarante ans, plus soucieux de se répartir entre eux la manne pétrolière que de la redistribuer. Théories marxistes Trois ans plus tôt, la répression d'une révolte sociale a fait officiellement 300 morts, sans doute plusieurs milliers en fait. Fernando Falcon, ancien militaire, docteur en sciences politiques, qui dit avoir participé dans l'ombre au putsch de 1992, revient sur ces années où il a croisé Hugo Chavez : «Nous étions une génération de militaires qui avions fait l'académie au début des années 70 et nous avions aussi des cours, le matin, à l'université, où on nous distillait des théories marxistes. Comme beaucoup dans l'armée de terre, nous étions plutôt d'origine modeste, provinciale. Après notre formation, nous sommes entrés, dans des régions pauvres, dans des bataillons contre les guérillas, lesquelles connaissaient un regain d'activité. Et là nous avons découvert un pays potentiellement très riche, avec le pétrole, mais où régnait une grave injustice sociale, où les gens mouraient encore de faim.» C'est à cette époque que vont germer les premiers groupes clandestins révolutionnaires au sein de l'armée. Après deux ans de prison et sa libération par décret présidentiel, Hugo Chavez se lance à la conquête du pouvoir par des voies plus orthodoxes. Il est élu président haut la main en 1998, puis une nouvelle fois en 2000 après avoir fait adopter ses idées de nouvelle Constitution bolivarienne pour une Ve République bolivarienne. «La loi, c'est moi ; l'Etat, c'est moi», dit-il. Fernando Falcon deviendra, un temps, avant de démissionner, directeur du renseignement à la Disip (Direction des services de renseignements et de prévention) : «La Disip devrait être au service de la sécurité de l'Etat, non pas du gouvernement, ce qui a vite été le cas. J'étais chargé notamment d'espionner le principal opposant de Chavez à la présidentielle de l'an 2000, y compris de mettre sur écoutes son équipe de campagne. Puis de remettre ça avec les syndicats. Chavez est un démagogue irresponsable, il rêve d'être un leader, il joue au président. Son projet politique confus n'a plus rien à voir avec les postulats qui nous avaient conduits au putsch de 92, d'ailleurs il n'a rien résolu, ni du chômage, ni de la pauvreté. C'est un homme qui entend mais qui n'écoute pas. Le despote classique qui fonctionne au caprice. La moindre critique, et on devient son ennemi personnel. Il n'y a qu'à voir comment il traite l'opposition : comme si on était sur un champ de bataille.» L'ami de Fidel Castro Le champ de bataille existe. Le ras-le-bol des classes moyennes face à l'autocrate de Caracas les a poussées dans la rue, par dizaines, centaines de milliers parfois, presque quotidiennement. Ce jour-là, Paseo de los Ilustres, les premiers manifestants, armés de sifflets et de drapeaux vénézuéliens, se heurtent aux barbelés, aux véhicules blindés et aux soldats de la garde nationale, qui entend les empêcher de s'approcher d'une zone classée «militaire». Les plus hardis tentent de forcer le barrage et s'en tirent avec des yeux saturés de gaz lacrymogène. «Je ne suis ni "fasciste" ni "assassine", explique Aïda, femme au foyer. On ne gouverne pas en insultant tout le temps le peuple, en faisant croire que tout est blanc ou noir, les bons "révolutionnaires bolivariens" contre les méchants "contre-révolutionnaires". Ce que veut Chavez, c'est nous mettre à sa botte. Et implanter un régime castriste.» Malgré ses façons autoritaires, Hugo Chavez n'a encore jamais ébauché la moindre velléité de copier le modèle cubain, sa «révolution» en est restée au stade d'une nouvelle Constitution. Mais son amitié avec Fidel Castro, qui a porte ouverte au palais de Miraflores, n'a pas peu fait pour miner sa popularité dans un pays si proche de Cuba et si attaché à ses libertés. Le «Cuba, mer de félicité», lancé par Chavez avait de quoi effrayer. A un jet de pierre du Paseo de los Ilustres, de l'autre côté du pont de la Bandera, les partisans de Hugo Chavez sont rassemblés, retenus eux aussi par la garde nationale. Les sifflets sont remplacés par les bérets rouges de «paras». Le face-à-face durera deux heures, abreuvées d'insultes qui pleuvent à distance. Une semaine auparavant, exactement au même endroit, il y a eu deux morts. Par balles. Le Venezuela n'a jamais été aussi divisé, aussi proche de l'explosion. «Nous lutterons jusqu'à la mort pour défendre Chavez et la Constitution qu'il nous a donnée, dit Antonio, jeune chômeur qui vit de petits boulots de serrurier, descendu des quartiers déshérités périphériques de Caracas. Toutes ces manifestations contre notre président, c'est l'Empire contre-attaque, c'est manipulé par la CIA et les cent familles qui gouvernent ce pays. Mais Chavez ne permettra pas que l'on touche à un cheveu de son peuple. Dans les quartiers, il a fait beaucoup de choses pour nous, comme à l'époque de Pérez Jimenez.» Le colonel Marcos Pérez Jimenez, de sinistre mémoire, qui refusa le résultat des élections de 1952, interdit les partis politiques, instaura une dictature militaire avant d'être chassé du pouvoir par une révolte soutenue par l'armée en 1958. Mais, en quatre ans, l'enthousiasme du peuple bolivarien n'a cessé de diminuer. De l'aube au crépuscule, le vieux centre de Caracas, qui gravite autour de la place Bolivar, s'agite de l'activité des vendeurs ambulants, les buhoneros, qui proposent sur quelques centimètres carrés de trottoir tout ce qu'il est imaginable d'acheter. Piles et bijoux de pacotille, mangues et mandarines, ail et tomates, copies de jeux vidéo et plaques électriques, hot dogs, jeans et sandales... «Tout ce qu'on voudrait, c'est avoir du travail, plus de travail, dit un vendeur de chicha sorte de riz au lait liquide à son poste six jours sur sept, douze heures par jour, pour 3 dollars les bons jours. L'opposition n'arrange pas le pays avec la grève générale. Chavez, lui, a fait plein de promesses sociales, mais c'était apparemment pour ses partisans et pour eux seuls.».
|
 |
 |
| |
|
|
par ericjeanloicbreton le 2003-02-02 08:08:23
Permalien | |
Vendredi 31 janvier 2003
Afghanistan Le sursaut taliban
Hamid Karzai fait face à une nouvelle alliance des talibans et des fidèles du fondamentaliste Hekmatyar.
Olivier Weber
Le pays des insoumis n'en aura-t-il jamais fini avec ses moines-soldats ? Alors que le président Hamid Karzai marque des points, les talibans resurgissent sur la scène afghane. Et s'accrochent avec les forces américaines. Dans les grottes du Sud-Est, 70 miliciens, affiliés au fondamentaliste Gulbuddin Hekmatyar, ont défié les forces de Karzai et les renforts américains, lors de la plus grande bataille depuis un an dans le pays. Un écueil de plus pour le chef de l'Etat afghan, qui tente de rallier les provinces des seigneurs de la guerre à l'autorité centrale. Une preuve aussi du lien entre les fidèles d'Hekmatyar, ex-Premier ministre de retour d'Iran, et les séides du mollah Omar.
Est-ce un signe du regroupement de forces talibanes dans le Sud ? Selon plusieurs sources, Hekmatyar concentrerait ses hommes dans quelques poches, pour une alliance tactique avec les anciens talibans, qui disposent toujours de caches et de villages de repli dans le sud du pays. Cette bataille intervient au moment où Karzai redoute un possible retrait américain en cas de frappes en Irak. Constat d'un conseiller du chef de l'Etat : le roi serait alors vraiment à nu
© le point 31/01/03 - N°1585 - Page 52 - 211 mots
par ericjeanloicbreton le 2003-01-31 13:01:08
Permalien | |
Vendredi 31 janvier 2003
Pression sur Belgrade pour livrer Mladic Washington suspendra ses aides si l'ex-chef militaire n'est pas extradé.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Petra MARKOVIC
vendredi 31 janvier 2003

 «Nous voulons régler la question des crimes de guerre qui menace nos relations bilatérales.» L'émissaire américain chargé des crimes de guerre |
|
Belgrade de notre correspondante
lors que les nouvelles autorités réformistes de Belgrade sont soumises à de fortes pressions américaines pour qu'elles transfèrent à La Haye l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic, ce dernier s'occuperait «tranquillement» de ses abeilles, dans les environs de Valjevo, au coeur de la Serbie. Les habitants du village de Vragocanice sont formels : le champ et les ruches appartiennent à ce général inculpé par le Tribunal pénal international (TPI) de «crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide».
Station thermale. Certes, cela fait un certain temps qu'il n'y a pas été vu. Mais les rumeurs vont bon train. L'une d'elles fait état d'une tentative ratée d'arrestation dans la nuit du 30 au 31 décembre. «Mladic se cache probablement bien en Serbie où il a beaucoup de partisans, avec 30 à 50 hommes pour sa protection», explique l'avocat Marko Nicovic. Cet ancien chef de la police de Belgrade, aujourd'hui spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue, se dit convaincu que si une décision politique intervient, l'arrestation de Mladic sera confiée à des commandos britanniques, américains, français ou allemands.
On raconte à Belgrade que le général Ratko Mladic, perçu par beaucoup de Serbes comme un héros, et accusé par le TPI d'être le responsable du massacre, en juillet 1995, de quelque 7 000 Musulmans bosniaques à Srebrenica, passerait le plus clair de son temps dans une station thermale de l'armée, près de Valjevo. Il y aurait trouvé refuge après le transfert vers le TPI, en juin 2001, de son mentor, l'ancien homme fort du pays, Slobodan Milosevic.
Venu à Belgrade la semaine dernière rappeler que le 31 mars était la date butoir après laquelle Washington suspendrait ses aides économiques, Pierre Richard Prosper, l'ambassadeur itinérant américain chargé des crimes de guerre, s'est entendu répliquer par Zoran Djindjic, le Premier ministre serbe, que son pays «ne serait pas en mesure d'ici là de répondre aux exigences américaines». Les autorités de Belgrade espéraient bénéficier d'un répit avec le départ volontaire à La Haye du dernier président de Serbie, Milan Milutinovic, ancien homme de confiance de Milosevic. Espoir balayé. L'ambassadeur américain a non seulement insisté sur l'extradition de Mladic, mais a également réclamé celle de deux anciens officiers de la JNA, l'armée de l'ex-Yougoslavie, Veselin Sljivancanin et Miroslav Radic, déclarés responsables par le TPI du massacre, en novembre 1991, de civils croates à Vukovar, ville de l'est de la Croatie.
«Acte patriotique». Pour Washington, le degré de collaboration de Belgrade avec le TPI conditionne à la fois l'aide économique et, à terme, l'intégration de la Serbie et du Monténégro à l'Union européenne et à l'Otan. «Nous souhaitons régler une fois pour toutes la question des crimes de guerre qui menace non seulement nos relations bilatérales, mais aussi l'avancée de votre pays vers l'Europe», a averti l'émissaire américain.
Zoran Djindjic a prié les inculpés d'accomplir un «acte hautement patriotique» en se rendant volontairement. «Si on me demandait d'aller à La Haye pour aider mon pays, je le ferais sans hésiter. Pourtant, je ne suis pas un aussi grand patriote que Ratko Mladic», a martelé le Premier ministre serbe, tout en affirmant n'avoir jamais reçu des Occidentaux la moindre information «utilisable» ou «méritant d'être vérifiée» quant à la présence de Mladic en Serbie.
Justice sélective. Le président yougoslave Vojislav Kostunica a, quant à lui, dénoncé auprès de l'émissaire américain «la justice sélective» du TPI «qui, a-t-il dit, rejette sur la partie serbe la plus grosse part de responsabilité, ce qui explique l'absence de confiance de l'opinion yougoslave en cette institution». Kostunica et une bonne partie de la population, hostiles à l'idée de reconnaître que les Serbes ont commis des crimes de guerre pendant les conflits de l'ex-Yougoslavie, ressentent comme une injustice le nombre et le rang des inculpés. Les médias de Belgrade s'indignent dans une quasi-unanimité : «Cinq anciens présidents serbes sont déjà à La Haye !».
|
par ericjeanloicbreton le 2003-01-31 12:34:28
Permalien | |
Vendredi 31 janvier 2003
Iran : l'ex-dauphin de Khomeiny libéré L'ayatollah Montazéri était maintenu en résidence surveillée depuis cinq ans.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Etranger Service
vendredi 31 janvier 2003


|
|
a libération était attendue et c'est finalement hier matin que l'ayatollah Montazéri a pu quitter sa maison après plus de cinq ans d'une résidence surveillée qui s'apparentait à un isolement presque total. Son premier geste a été de se rendre à la grande mosquée de Qom et sur la tombe de son fils Ahmad mort en «martyr» dans un attentat dans lequel 70 dirigeants religieux ont été tués en 1980...
Critiques. L'ex-dauphin de Khomeiny était tombé en disgrâce quelques mois avant la mort du guide de la République islamique en 1989 : il critiquait trop vertement le pouvoir et la répres sion politique et culturelle. Mais le point de non-retour sera franchi en 1997 quand il mettra en cause l'autorité politique et religieuse du successeur de Khomeiny, l'ayatollah Ali Khameneï. Montazéri était alors mis en résidence surveillée dans sa maison de Qom, la principale ville religieuse du pays.
Dès son premier discours public, hier, le vieil ayatollah a montré qu'il n'a rien perdu de sa combativité. Souriant et en bonne forme malgré ses 80 ans et les rumeurs concernant sa santé, Ali Montazéri a critiqué implicitement le guide suprême. Sans sembler préoccupé de la présence des Gardiens de la révolution chargés de le protéger après l'avoir maintenu à l'isolement. Devant plus de 600 fidèles rassemblés chez lui, il a ainsi affirmé, allusion claire à Khameneï, que «le pouvoir de commandement religieux accordé par Dieu à tous les croyants n'était pas absolu mais limité». Il affirmait de plus sa volonté d'intervenir dans le débat politique : «Comme durant ma détention, je continuerai à répondre aux questions (politiques et religieuses) et à agir, c'est mon devoir religieux.» Il avait en effet publié régulièrement des communiqués pour défendre la liberté et la démocratie ainsi que les réformes du président Khatami.
Popularité. Pour son retour sur la scène, l'ex-dauphin de Khomeiny n'a rien laissé de côté. Non, sa libération n'a pas été conditionnelle, «comme cela a été dit» : «Je ne demande rien à personne excepté à Dieu.» Oui, il a eu raison, en dépit des critiques des conservateurs, de parler aux radios étrangères : «Lorsque notre radio ne diffuse pas nos paroles, nous sommes obligés de (leur) parler. Au moment de la révolution, l'imam Khomeiny parlait aux radios étrangères et personne n'osait le critiquer.» Le défilé permanent dans sa maison montre la popularité intacte de Montazéri qui compte des partisans au Parlement et dans les hautes sphères de l'administration. Particulièrement chez les réformateurs. Deux grands ayatollahs proches de ces derniers, Youssef Saneï et Moussavi Ardebili, lui ont rendu visite. L'ayatollah Taheri, ancien imam de la prière d'Ispahan, qui a démissionné pour protester contre la dérive du régime islamique, aussi. Il est vrai que la légitimité religieuse incontestée de Montazéri ne pourra qu'aider les réformateurs dans leur bras de fer avec les conservateurs....
|
par ericjeanloicbreton le 2003-01-31 12:31:18
Permalien | |
Jeudi 30 janvier 2003
par ericjeanloicbreton le 2003-01-30 13:25:04
Permalien | |
Jeudi 30 janvier 2003
question irakienne divise l'Europe Contre la position franco-allemande, huit pays -Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Pologne, Hongrie, Danemark, Répubique tchèque- appellent à se ranger aux côtés des Etats-Unis. Le Parlement européen se prononce contre une action militaire "unilatérale". Les "preuves" américaines comprendraient des photos-satellite et des enregistrements téléphoniques. l'article
 L'appel du Times traduit en français "Preuves" : Powell prépare du concret Les réactions El Baradei demande cinq mois de plus Attaque des USA fin février selon Interfax L'Irak présidera la Conférence sur le désarmement Pour le Pakistan, Ben Laden est mort Interview "Une nouvelle fois, pas de position commune", par Hans Stark (CERFA-IFRI) Débat L'Irak Editorial "Non à la guerre ? Voici pourquoi", par Jean Daniel
ONU
L'heure de vérité
 La perspective d'une guerre en Irak a soudain replacé les Nations unies en première ligne. Mais, en sortant de l'ombre, l'organisation prend aussi le risque de révéler, du même coup, son impuissance...



Conseil de sécurité : mode d'emploi (animation)
Australie - L'autre «meilleur allié» de Bush 
par ericjeanloicbreton le 2003-01-30 13:23:53
Permalien | |
Mercredi 29 janvier 2003
| Corée du Nord: les espoirs de Séoul déçus
 [mercredi 29 janvier 2003 - 11h06 heure de Paris]

|
 Lim Dong-Won à son arrivée lundi à Pyongyang © AFP | SEOUL (AFP) - Un émissaire sud-coréen est rentré mercredi de Pyongyang sans avoir obtenu la rencontre espérée avec le numéro un du régime Kim Jong-Il, mais celui-ci a promis d'étudier des mesures proposées par Séoul pour sortir de la crise sur les ambitions nucléaires du Nord.
Au même moment, le discours du président américain George W. Bush sur l'état de l'Union n'a pas apporté d'élément nouveau susceptible d'accélèrer une solution. La Corée du Sud qui cherche désespérément à faire baisser la tension et désamorcer tout risque de guerre dans la péninsule a fait contre mauvaise fortune bon coeur. "Nous saluons le discours du président Bush au cours duquel il a souligné de nouveau le principe d'une solution pacifique de la question nucléaire par des efforts diplomatiques", a dit Lim Dong-Wan, le conseiller du président Kim Dae-Jung sur la Corée du Nord.
M. Lim s'exprimait devant la presse à son retour d'une mission de trois jours à Pyongyang qui n'a pas débouché sur les résultats espérés. L'émissaire de la présidence sud-coréenne n'a pas pu rencontrer Kim Jong-Il, et les médias officiels du régime stalinien ont réaffirmé que la crise ne trouverait d'issue que dans des négociations directes avec Washington et un pacte de non-agression, des conditions rejetées par les Etats-Unis.
M. Lim a cependant noté que le dirigeant du Nord lui avait fait savoir qu'il remerciait le président Kim d'avoir dépêché un envoyé "porteur d'une lettre contenant des conseils chaleureux". "Il a déclaré qu'il étudierait en profondeur les conseils et nous ferait savoir plus tard" sa réponse, a ajouté M. Lim. La lettre demandait à Kim Jong-Il de faire la lumière sur son programme présumé d'enrichissement d'uranium et de le démanteler si son existence était confirmée.
Le responsable sud-coréen a cependant mis en garde contre tout espoir excessif. "Une solution de la question nucléaire va demander un long processus de dialogue et de négociations. Il ne semble pas y avoir de solution rapide", a-t-il dit. A Séoul, un responsables des Affaires étrangères s'est félicité de la confirmation de la ligne plus souple adoptée par l'administration américaine sur la Corée du Nord que sur l'Irak. "C'est une expression très équilibrée et modérée de sa politique. Nous saluons la réaffirmation par le président Bush des avantages que la Corée du Nord peut obtenir à certaines conditions", a-t-il dit.
 Des soldats américains basés en Corée du Sud écoutent le discours de Bush © AFP Kim Jae-Hwan | Le président américain a déclaré que la Corée du Nord devait abandonner ses ambitions nucléaires pour retrouver le respect de la communauté internationale. Il a accusé le régime de Pyongyang d'être oppressif et de faire vivre son peuple dans "la peur et la famine" et ajouté que "les Etats-Unis et le monde ne seront pas soumis au chantage" nucléaire. Mais il a réaffirmé que Washington continuait de chercher une solution pacifique en coopération avec les voisins de la Corée du Nord.
La bourse de Séoul a chuté de 2,87% après le discours de M. Bush, les investisseurs estimant qu'il n'apportait pas perspective de déblocage.
Séoul avait espéré que la visite de M. Lim à Pyongyang permette une percée et évite que la question nord-coréenne soit portée devant le Conseil de sécurité de l'ONU où elle risque de s'aggraver.
L'émissaire du président Kim a par ailleurs fait état d'un progrès dans les relations intercoréennes lors de sa mission. Les deux gouvernements se sont mis d'accord pour achever le mois prochain une première liaison ferroviaire à travers leur frontière en plus d'un demi-siècle, a-t-il déclaré.
|
par ericjeanloicbreton le 2003-01-29 12:59:16
Permalien | |
Mercredi 29 janvier 2003
Michel Barnier, commissaire européen, défend le soutien au développement des pays de l'Est sans oublier celui aux Quinze : «l'UE doit augmenter l'effort de solidarité»
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Julie MAJERCZAK et Jean QUATREMER
mercredi 29 janvier 2003

 Michel Barnier, ex-ministre français : «La solidarité de l'UE doit s'exercer partout où elle est nécessaire. Dans les régions pauvres de l'Est comme dans celles de l'Ouest.» |
|
Bruxelles (UE) de nos correspondants
ilnius ou Lisbonne ? L'élargissement va-t-il obliger les Quinze à choisir entre leurs «pauvres» ? De fait, si le budget consacré aux aides régionales n'augmente pas, tout l'argent européen consacré à la réduction des inégalités entre les régions filera à l'Est. Evidemment inacceptable, sauf à vouloir chatouiller l'euroscepticisme des pays de l'Ouest. La France, par exemple, a reçu 15 milliards d'euros sur la période 2000-2006. Alors que la Commission va adopter, demain, son deuxième rapport sur la «cohésion économique et sociale», Michel Barnier, le commissaire chargé du dossier, plaide, dans un entretien à Libération, pour une augmentation conséquente du budget consacré à la seconde politique européenne, après la politique agricole commune.
Avec l'élargissement, les aides régionales (fonds structurels) ne vont-elles pas bénéficier exclusivement aux pays de l'Est, qui accusent un très fort retard de développement ?
Il est clair que le centre de gravité de la pauvreté va se déplacer à l'Est. Mais ce n'est pas parce que l'on fait entrer des régions très pauvres de Hongrie, d'Estonie ou de Pologne dans l'Union que les régions en difficulté du sud de l'Italie, d'Espagne, de Grèce ou des DOM français vont brusquement devenir riches (1). Il s'agit là d'un effet d'optique: les régions pauvres de l'Europe de l'Ouest resteront pauvres, mais elles ne seront plus aidées. Comme les bassins industriels de Lorraine ou du Nord-Pas-de-Calais, les quartiers les plus défavorisés de Londres ou de Naples, où il existe des inégalités insupportables. Il faut donc continuer à leur venir en aide. La solidarité de l'UE doit s'exercer partout où elle est nécessaire. La bonne proportion serait de réserver deux tiers des aides pour les régions les plus en difficulté et un tiers pour les autres, à travers quatre ou cinq objectifs politiques ciblés, comme la question urbaine, la reconversion, les régions à handicaps...
Si l'on veut aider à la fois les régions pauvres des pays de l'Est et celles des Quinze, il va falloir augmenter le budget...
C'est indispensable. Les inégalités seront multipliées par deux dans l'Europe élargie. Il y aura 116 millions de personnes vivant dans des régions en retard de développement, contre 68 millions aujourd'hui. La responsabilité des chefs d'Etat et de gouvernement sera de décider, le moment venu, de mettre le budget en accord avec leur décision politique d'élargir l'Union, c'est-à-dire d'augmenter l'effort de solidarité. Aujourd'hui, la politique de cohésion représente 0,32 % du PIB communautaire, c'est-à-dire 30 milliards d'euros par an. Ce qui n'est pas beaucoup. Mais le budget de l'Union s'élève lui-même à peine à 1 % du PIB communautaire. Je pense que le seuil minimal de la future politique de cohésion doit être de 0,45 % du PIB communautaire, soit 10 à 15 milliards de plus qu'aujourd'hui.
Les pays candidats seront-ils capables d'utiliser autant d'argent, alors que l'on sait que leurs administrations ne sont pas prêtes, quand elles ne sont pas corrompues ?
On a plus d'expérience, notamment à la suite des problèmes que nous avons connus en Italie ou en Grèce. Nous allons aider ces pays à moderniser leur administration et à faire reculer la corruption. Les fonds structurels doivent être un levier. Il y a des règles pour les marchés publics, des évaluations et des comptes à rendre pour en bénéficier.
Qui va accepter de payer, alors que les Etats cherchent plutôt à réduire leurs dépenses ?
Derrière cet argent, il y a une certaine idée de l'Europe : nous ne sommes pas, nous ne devons pas être seulement un supermarché, comme l'a dit Jacques Delors au début des années 90. Nous sommes dans une économie sociale de marché, et «sociale», à cet endroit, veut dire redistribution entre Etats riches et Etats pauvres. La réussite de l'UE a un prix. Il faut tout mettre dans la balance, et pas seulement l'argent qu'on dépense. Ces régions qu'on aide cessent d'être des régions d'émigration clandestine ou officielle. Quand les gens ont un avenir chez eux, ils n'émigrent plus, ils ne sont plus la proie de tous les trafics. Qui parle aujourd'hui des problèmes de l'immigration portugaise en France ? Grâce son adhésion à l'UE, grâce à l'effort de solidarité, le Portugal a construit progressivement un avenir chez lui pour ses enfants. Il va se passer la même chose avec l'Est. Et je dirais même que cela va se produire plus vite. On sous-estime la capacité et l'intelligence de ces pays. Mieux : une partie de la croissance qui nous manque va venir de chez eux. La reconstruction que nous allons aider va entraîner, non pas un New Deal, mais quelque chose qui y ressemblera... A condition que le contexte mondial soit favorable. En outre, et c'est une leçon de ce rapport, les pays riches qui paient pour les régions pauvres des autres Etats sont loin d'être perdants : cet argent produit du chiffre d'affaires, qui bénéficie à hauteur de 25 % à des entreprises de ces pays riches. Enfin, il ne faudrait pas oublier ce que représenterait le coût du non-élargissement, ou plutôt celui d'un élargissement raté, en matière de concurrence sauvage, de délocalisations, d'immigration clandestine et de réseaux mafieux qui se développent sur la pauvreté.
(1) Les aides bénéficient surtout aux régions dont le revenu par tête est inférieur à 75 % du PIB communautaire par habitant. La moyenne européenne va donc baisser avec l'élargissement, ce qui va entraîner l'exclusion des régions d'Europe de l'Ouest du régime des aides.
|
 |
 |
par ericjeanloicbreton le 2003-01-29 12:37:00
Permalien | |
Mercredi 29 janvier 2003
ETATS-UNIS
Les principaux points du discours de George W. Bush
Voici les principaux points du discours sur l'état de l'Union prononcé par George W. Bush mardi à Washington devant le Congrès en session plénière:
IRAK -Le secrétaire d'Etat Colin Powell présentera devant le Conseil de sécurité des Nations unies mercredi des preuves de liens en Bagdad et des réseaux terroristes et du refus de l'Irak de désarmer. -Le monde ne peut pas se permettre d'attendre que la menace irakienne soit imminente, avance Bush. «Depuis quand les terroristes et les tyrans nous avertissent-ils de leurs intentions, nous font-ils poliment savoir qu'ils vont frapper?»
GUERRE CONTRE LE TERRORISME -Création d'un centre de traitement de la menace terroriste au sein du ministère de la Sécurité intérieure. Ce centre réunira tous les services de renseignements sur le terrorisme, intérieur et international. -Demande au Congrès d'allouer un budget de six milliards de dollars sur dix ans pour rendre rapidement disponibles vaccins et traitements contre les armes bactériologiques telles que la peste et le bacille de la maladie du charbon.
LE SIDA EN AFRIQUE -George W. Bush annonce le lancement d'un programme d'aide de 15 milliards de dollars sur cinq ans pour combattre le SIDA en Afrique et dans les Antilles.
COUVERTURE MEDICALE -George W. Bush promet le vote d'un budget de 400 milliards de dollars sur dix ans pour modifier la couverture médicale, offrant aux Américains les plus âgés le choix entre plusieurs programmes incluant la prescription.
RETRAITES -George W. Bush renouvelle son soutien à un système de retraite par épargne.
AVORTEMENT ET CLONAGE -George W. Bush demande au Congrès d'interdire le clonage humain.
ENVIRONNEMENT -Le président américain propose de consacrer un budget de 1,2 milliard de dollars sur une période indéterminée pour accélérer la mise au point de véhicules mus par l'hydrogène et sans émission atmosphérique.
LUTTE CONTRE LA DROGUE -George W. Bush demande une augmentation de 600 millions de dollars sur trois ans des programmes fédéraux de traitement des problèmes liés à la drogue. AP
par ericjeanloicbreton le 2003-01-29 12:09:49
Permalien | |
Mardi 28 janvier 2003
ZIMBABWE Désaccord des ministres européens L'affaire Mugabe embarrasse les Quinze
Bruxelles : de notre correspondant Philippe Gélie [28 janvier 2003]
 C'est un casse-tête juridico-diplomatique qui pourrait servir de sujet d'examen à l'ENA : peut-on prolonger des sanctions contre le Zimbabwe, qui bafoue les droits de l'homme, tout en invitant ses dirigeants à participer aux prochaines réjouissances euro-africaines ?
Malgré leurs efforts, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) n'ont pas pu y répondre hier. Ils ont renvoyé le dossier à leurs ambassadeurs, avec quelques «lignes directrices» qui sont loin de garantir un accord final. Georges Papandréou, le ministre grec des Affaires étrangères et président en exercice de l'UE, n'a pas minimisé l'enjeu : «Nous allons essayer de trouver un consensus, mais si nous n'y parvenons pas, il pourrait ne pas y avoir de sommet» UE-Afrique le 3 avril à Lisbonne.
Pour le premier ministre britannique, Tony Blair, en pointe dans la condamnation des exactions et abus commis par le régime d'Harare, il est hors de question de se retrouver en avril sur la même photo officielle que le président Robert Mugabe. Celui-ci, à la tête de 71 dignitaires du Zimbabwe, figure depuis un an sur une «liste noire» de personnalités interdites de voyage en Europe. Les sanctions en vigueur prévoient également un embargo sur la fourniture de matériel militaire. Le Royaume-Uni, l'ancienne puissance coloniale du pays, souhaite étendre la liste noire à d'autres proches du régime, notamment des responsables économiques. Cette décision aurait dû être prise hier, le régime des sanctions décidé il y a un an arrivant à expiration le 18 février. Mais la France a compliqué la donne en demandant une dérogation afin que Mugabe assiste au sommet franco-africain en février à Paris. Conformément à la procédure existante, elle l'a notifié par écrit à ses 14 partenaires jeudi dernier, dont l'approbation unanime est requise. Or quatre d'entre eux ont fait valoir des objections : la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark.
Du coup, un marchandage s'engage. «La France est favorable à la poursuite des sanctions à condition que nous trouvions une solution satisfaisante pour Paris et pour Lisbonne», prévient Dominique de Villepin. La présidence grecque propose une modification de la procédure : le renouvellement serait décidé à l'unanimité, les dérogations à la majorité qualifié. Un compromis doit être trouvé entre représentants permanents des États membres à Bruxelles.
Les dérogations à l'interdiction de séjour peuvent être accordées «pour des raisons humanitaires» ou «pour assister à des réunions d'organismes internationaux», ou encore «pour mener un dialogue politique visant à promouvoir la démocratie, les droits de l'homme et l'état de droit». C'est ce que Dominique de Villepin appelle «des sanctions dans un esprit d'ouverture» : «Qui dit sanction ne dit pas que la diplomatie s'arrête, a-t-il souligné hier. Et la diplomatie, c'est de tout faire pour trouver une solution.» Reste que l'UE risque d'envoyer «un étrange signal», prévient son homologue suédois, Anna Lindh.
par ericjeanloicbreton le 2003-01-28 11:41:46
Permalien | |
Mardi 28 janvier 2003
|
 Le Monde A la Une, mardi 28 janvier 2003, p. 1
Irak : Washington devra attendre
NATIONS UNIES. AVANT LA PRÉSENTATION, LUNDI 27 JANVIER, DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR HANS BLIX ET MOHAMED ELBARADEI, CHEFS DES INSPECTEURS DE L'ONU, DE LEUR RAPPORT D'ÉTAPE, LES ETATS-UNIS ONT LAISSÉ ENTENDRE QU'ILS ÉTAIENT DISPOSÉS À ACCORDER UN ULTIME DÉLAI AUX INSPECTIONS ONUSIENNES EN IRAK. CEPENDANT, WASHINGTON CONTINUE D'AFFIRMER QUE "LE TEMPS EST COMPTÉ". MAIS LA RÉSOLUTION 1441 NE FIXE AUCUN DÉLAI, ET PLUSIEURS ÉTAPES RESTENT PRÉVUES AVANT D'ABOUTIR À UNE DÉCISION DE L'ONU SUR LA POURSUITE OU NON DU PROCESSUS D'INSPECTIONS. CE CALENDRIER PRÉVOIT UN NOUVEAU RAPPORT DES INSPECTEURS LE 14 FÉVRIER ET S'ÉTEND JUSQU'AU 27 MARS.WASHINGTON. TOUT EN AFFIRMANT QU'ILS SE RÉSERVENT LE DROIT D'AGIR CONTRE L'IRAK SANS L'ACCORD DE L'ONU, LES ETATS-UNIS ONT DE BONNES RAISONS, À LA FOIS POLITIQUES ET FINANCIÈRES, DE NE PAS COUPER LES PONTS AVEC LES NATIONS UNIES.BAGDAD. LES INSPECTIONS FACE À L'IMPOSSIBLE CONFIDENTIALITÉ DES ENTRETIENS AVEC LES SCIENTIFIQUES.Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell répond aux questions du Monde : "La stratégie de containmenta perdu de son efficacité. (...) S'il n'y a pas de solution pacifique, ce sera la guerre."
Pour la France, rien ne justifie un débat sur le recours à la force. La position des Quinze.
Le forum économique mondial face à l'effet Lula.
Premier volet de notre série sur l'Amérique avant guerre : la croisade de Fox News, musclée, aguichante et conservatrice.
"La leçon de Lula".
Catégorie : La Une; Actualités Taille : Court, 170 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030128LM0306955 | |
|
Le Monde International, mardi 28 janvier 2003, p. 2
Washington a besoin des Nations unies pour envisager la gestion du pays après Saddam Hussein
Washington de notre correspondant
Depuis son discours, le 12 septembre 2002, devant l'Assemblée générale de l'ONU, George Bush n'a pas cessé de répéter que les Etats-Unis se réservaient le droit d'agir contre l'Irak sans l'accord des Nations unies si leur sécurité l'exigeait et, ajoute-t-il maintenant, "au nom de la paix". De fait, les préparatifs militaires américains dans la région sont tels qu'on imagine mal que la guerre n'ait pas lieu, avec ou sans l'ONU. "Le compte à rebours est commencé", écrivait le New York Times, dimanche 26 janvier, au début d'un éditorial demandant au président de "freiner" la marche vers l'affrontement militaire (à l'inverse, le Washington Post estime que l'ONU doit accélérer). Selon certaines sources, des éléments de la CIA et des forces spéciales seraient même, déjà, dans le pays, au moins au Kurdistan, reproduisant ainsi une tactique employée en Afghanistan à l'automne 2001.
Néanmoins, en dépit des pressions qu'exercent les partisans d'une action unilatérale, le président Bush est demeuré, jusqu'à maintenant, dans le cadre de la procédure déterminée par la résolution 1441. Il y a à cela une première raison, liée à la particularité d'une guerre préventive. Pour que les Etats-Unis prennent l'initiative des hostilités contre l'Irak, il faudrait au moins que la préparation d'une agression par Bagdad, contre eux-mêmes ou contre un de leurs alliés, soit démontrée.
RAISONS FINANCIÈRESOr tous les sondages publiés aux Etats-Unis depuis une semaine sont convergents : aux yeux de la majorité de ses concitoyens, M. Bush n'a pas apporté la preuve de cette menace. Favorables, de façon générale, à une action militaire pour chasser Saddam Hussein du pouvoir, les Américains estiment que cette action devra s'appuyer sur les conclusions des inspecteurs de l'ONU plutôt que sur les certitudes alléguées par leur gouvernement.
Jusqu'à maintenant, les dirigeants américains ont reculé devant le précédent que constituerait le déclenchement d'une guerre préventive à partir de la seule appréciation, par le pays qui engage les opérations, de la menace à laquelle il dit être soumis. Certains de ceux qui plaident pour le passage à l'action sans plus de discussions à l'ONU ont avancé que le cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre du Golfe, en 1991, avait pour condition que Saddam Hussein se soumette aux obligations énoncées par le Conseil de sécurité. Il suffirait donc de constater qu'il ne respecte pas ces obligations pour que la reprise des combats soit légitime. Cependant, le constat du non-respect des résolutions ne peut être établi valablement que par l'ONU.
A cette première raison juridique, pour les Etats-Unis, de ne pas couper les ponts avec l'ONU s'en ajoute une seconde, à la fois politique et financière. Militairement, les Etats-Unis n'ont pas besoin d'autre aide, de la part de leurs alliés, que les droits de survol et la possibilité d'utiliser des bases, au Qatar, au Koweït ou en Turquie.
En revanche, l'aide de la communauté internationale leur est nécessaire pour la suite. Le secrétaire d'Etat, Colin Powell, a déclaré, dans le Washington Post du 17 janvier : "Nous voudrions internationaliser au maximum car il y aura beaucoup de travail à faire."
L'EXEMPLE DU KOSOVOAprès avoir imaginé diverses formules pour l'après-Saddam Hussein, les responsables militaires et diplomatiques de Washington semblent être parvenus à un accord sur un dispositif inspiré du Kosovo et de l'Afghanistan. Les forces américaines ou celles de la coalition resteraient en Irak pendant une durée de 12 à 18 mois, mais une autorité civile serait désignée par l'ONU.
Cet administrateur remplirait des fonctions comparables à celles qui avaient été confiées à Bernard Kouchner au Kosovo et à celles qu'exerce Lakhdar Brahimi en Afghanistan. Ce serait la première fois que l'ONU prendrait en charge l'administration d'un pays grand comme la France et peuplé de 24 millions d'habitants. Washington compte aussi sur les réseaux de distribution de l'aide alimentaire et des médicaments mis en place par l'organisation internationale dans le cadre du système "Pétrole contre nourriture". Enfin, l'ONU a déjà commencé à prévoir l'assistance humanitaire nécessaire en cas de guerre.
Après avoir envisagé qu'une administration militaire américaine prenne en charge les services civils dans un Irak désorganisé par la guerre, les Etats-Unis préfèrent, maintenant, s'en remettre à l'organisation internationale. L'opposition irakienne ne leur paraissant pas capable de former tout de suite un gouvernement, qui serait, en outre, imposé par la puissance occupante, les dirigeants américains estiment préférable, vis-à-vis des opinions publiques arabes, une administration "neutre". Ils aimeraient sans doute pouvoir se passer de l'ONU pour entrer en Irak, mais ils ont besoin d'elle pour en sortir.
Patrick Jarreau
Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Conflits armés; Politique extérieure et relations internationales Taille : Moyen, 579 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030128LM0306960
| |
 |
| Ce matériel est protégé par les droits d'auteur.Tous droits réservés | Le Monde
International, mardi 28 janvier 2003, p. 2
Irak : les Etats-Unis acceptent la poursuite des inspections
Tout en affirmant que "le temps est compté", les Etats-Unis devaient accepter, lundi 27 janvier, qu'un délai supplémentaire soit accordé aux inspecteurs de l'ONU chargés du désarmement de l'Irak. MM. Blix et ElBaradei, responsables des inspecteurs, présentent devant le Conseil de sécurité le bilan de deux mois de travail sur le terrain. L'un et l'autre devaient demander la poursuite de leur mission, tout en notant une coopération insuffisante de Bagdad. En particulier, les interrogatoires confidentiels de scientifiques irakiens se sont jusqu'alors révélés impossibles. Dans un entretien au Monde, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, se dit prêt à accepter ce délai, demandé par la plupart des pays, Grande-Bretagne en tête. Il permettrait, à ce stade, d'éviter une division au sein du Conseil de sécurité.
New york (nations unies) de notre correspondante
Les Etats-Unis semblent disposés à donner encore un peu de temps aux inspecteurs de l'ONU pour poursuivre leur mission en Irak. Sans qu'aucune déclaration officielle n'ait confirmé cette évolution, tous les journaux américains ont annoncé, à quelques jours d'intervalle, que l'administration Bush avait effectué un repli sur la question du calendrier des inspections, tout en continuant à marteler le même message officiel : "Le temps est compté."
Avant l'intervention de MM. Blix et ElBaradei devant le Conseil de sécurité, lundi 27 janvier, cette évolution a été confirmée à l'ONU par un diplomate de haut rang d'un pays du camp américain. "Les Anglais ont obtenu un délai après la visite de Jack Straw -ministre britannique des affaires étrangères- à Washington, a-t-il expliqué. Au moins jusqu'au 15 février."
Les diplomates ont aussi noté avec intérêt que la ministre espagnole des affaires étrangères, Ana Palacio, sortant à son tour d'un entretien avec Colin Powell, s'était préoccupée de voir les inspecteurs obtenir le temps dont ils ont besoin pour leur mission. Or, l'Espagne, entrée au Conseil début janvier, n'a pas encore acquis à l'ONU la réputation d'une grande indépendance d'esprit par rapport à Washington...
Dimanche, Tony Blair a dit, lui aussi, que les inspecteurs devraient avoir "le temps dont ils ont besoin, quel qu'il soit", compte tenu du fait que cela ne devrait pas prendre "des mois" pour déterminer si Saddam Hussein coopère. Dominique de Villepin et Javier Solana ont eux aussi demandé du temps, plusieurs semaines, voire "plusieurs mois", a dit le ministre français, "pas un temps infini", a nuancé le responsable de la politique étrangère de l'Union européenne.
"UNE QUESTION DE PATIENCE"Depuis Davos, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a lui-même répondu à la question de ce délai dans l'interview qu'il a accordée dimanche au Monde : "Certains pays pensent en effet que ce serait une bonne idée", a confirmé M. Powell. Et, a-t-il souligné, "si les inspecteurs le demandent dans leur rapport, nous les écouterons".
Il ne resterait donc plus aux inspecteurs qu'à demander du temps. Avant même d'atterrir à New York en provenance de Vienne, Mohamed ElBaradei, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a fait savoir que telle était son intention, et aussi celle de M. Blix, croyait-il savoir. Selon le porte-parole de l'AIEA, M. ElBaradei comptait aussi décerner, lundi, un "B" à l'Irak (une note satisfaisante dans l'échelle des mérites scolaires aux Etats-Unis) pour sa coopération avec les inspecteurs dans le domaine nucléaire.
Le porte-parole a rappelé que l'AIEA n'a pas trouvé le fameux "smoking gun"sur les sites décrits comme abritant de "nouvelles constructions" suspectes par les responsables politiques américains et britanniques, début septembre. Quant aux tubes d'aluminium, présentés par Dick Cheney et Condoleezza Rice, comme prélude à des programmes nucléaires, ils se sont révélés, à l'étude, nettement moins intéressants même s'ils ont été obtenus en violation de l'embargo.
En revanche, Hans Blix considérait de son côté qu'il n'avait aucune raison de demander un délai supplémentaire. Rien dans la résolution 1441 ne limite en effet la durée des inspections. "Ce n'est pas une question de temps mais une question de patience, rétorque Ewen Buchanan, le porte-parole de l'Unmovic (Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'ONU). Quelle est la patience du Conseil, c'est une autre affaire."
La question du délai a enflammé le conseil mi-janvier. M. Blix avait cru bon de s'inscrire dans le calendrier qui lui est précisé dans son ordre de mission de la résolution 1284 (prévoyant alors un nouveau rapport fin mars). Sous une pluie de critiques américaines, il a dû battre en retraite. Mais de leur côté, les Américains n'ont pas trouvé d'alliés ayant envie de suspendre une mission en Irak qui n'a que 60 jours d'existence.
S'il n'était pas toujours "d'humeur égale", selon ses collaborateurs, M. Blix aurait été ces temps-ci fort mécontent. Il en était au point vendredi de ne pas vouloir mentionner le terme "coopération" dans son bilan des deux mois d'inspections, sachant avec quelle attention est étudié puis utilisé le moindre de ses propos. Il ne comptait nullement donner une note aux Irakiens, à la manière de l'AIEA. "Mais ils ne méritent certainement pas un "B"", confiait un de ses proches. A Bagdad, le 20 janvier, M. Blix a été irrité. Il a fallu négocier avec les Irakiens les survols en hélicoptère dans la zone d'exclusion aérienne. "Ils voulaient avoir un de leurs hélicoptères derrière le nôtre, dit un inspecteur. Après ils ont demandé à pouvoir emmener des équipes de télévision dans notre hélicoptère." M. Blix estime qu'il pourrait être utile aux Irakiens de prendre l'affaire "plus au sérieux".
Selon certains diplomates, le "faux" délai en voie d'être accordé aux inspecteurs arrangerait bien Washington, autant sur le plan militaire que diplomatique. Signe des temps, même la Bulgarie, considérée comme un allié archi-discipliné de Washington, a émis la semaine dernière des positions moins dans la ligne, en faveur d'une "solution pacifique" et de "l'unité du Conseil".
Les Etats-Unis ont accepté que M. Blix revienne pour un nouveau briefing "de routine" le 14 février devant le Conseil. Ils espèrent mettre l'ONU au pied du mur de la mauvaise coopération irakienne. Quant aux partisans des inspections, ils font le pari qu'il est maintenant trop tard, trop impopulaire et aussi trop coûteux pour les Etats-Unis de choisir une intervention sans l'aval des Nations unies.
Corine Lesnes
Les différentes étapes qui demeurent prévues dans le calendrier des inspections
Même si le "temps est compté", selon les Américains, le calendrier montre que plusieurs étapes restent prévues avant d'aboutir à une décision à l'ONU sur la poursuite ou non du processus d'inspections.
Lundi 27 janvier
. Hans Blix et Mohamed ElBaradei présentent au Conseil de sécurité leur premier rapport global après deux mois d'inspections en Irak. Ils ont déjà donné au Conseil un rapport sur leur première visite à Bagdad (25 novembre 2002), une évaluation de la déclaration irakienne d'armements (le 19 décembre) et un rapport intermédiaire (le 9 janvier).
Mardi 28 janvier
: le président Bush prononce le discours sur l'état de l'Union. En 2002, il avait à cette occasion évoqué l'"axe du Mal" constitué par l'Irak, la Corée du Nord et l'Iran. Selon Dan Bartlett, directeur de communication de la Maison Blanche, le président se bornera cette année à informer le public que "nous faisons face à la perspective d'une guerre". Le discours "ne sera pas l'occasion de déclarer la guerre", a-t-il indiqué vendredi.
Mercredi 29 janvier
: les consultations s'engagent à huis clos entre les quinze membres permanents du Conseil de sécurité. Au coeur des discussions, les conséquences à tirer du degré de "coopération" des Irakiens avec les inspecteurs.
Vendredi 31 janvier
: Tony Blair rencontre George Bush à Camp David.
5 février :
Hans Blix se rend à Berlin. L'Allemagne a pris la présidence du Conseil de sécurité le 1er février.
14 février :
nouveau rapport des inspecteurs. Au-delà du bilan d'activité après 60 jours, la résolution 1441 n'avait prévu aucune échéance. M. Blix pensait s'inscrire dans le cadre de la résolution 1284 de décembre 1999, mais il a été rappelé à l'ordre par les Américains. Les Allemands ont prévu un retour de M. Blix devant le Conseil le 14 février. Les Américains ont accepté un "briefing de routine".
1er mars
: date du rapport d'activités de l'Unmovic (commission chargée du désarmement de l'Irak) que soumet chaque trimestre M. Blix depuis 1999.
27 mars
: date du "début" du programme de travail de l'Unmovic selon la résolution 1284, soit 60 jours après le 27 janvier. Selon cette résolution, ce n'est qu'à l'issue d'une période de 4 mois, soit fin juillet, que le Conseil évalue la "coopération" irakienne.
Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Politique extérieure et relations internationales Taille : Long, 1047 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030128LM0306959
Le Monde International, mardi 28 janvier 2003, p. 3
Colin Powell, secrétaire d'Etat américain "Nous écouterons les pays qui pensent qu'un délai accordé à l'Irak est une bonne idée"
Davos de notre envoyé spécial
Les Etats-Unis disent avoir des "preuves" que l'Irak détient des armes de destruction massives et vous ne les présentez pas, au risque de décrédibiliser votre position. Pourquoi ?
Il ne s'agit pas de montrer un immeuble avec des pièces à l'intérieur. J'aimerai avoir des preuves aussi irréfutables que celles dont disposait le gouvernement américain en 1962 dans l'affaire des missiles de Cuba. Mais ce n'est pas aussi simple cette fois-ci. Nous avons des rapports des services de renseignement qui nous démontrent que nos pires craintes sont justifiées. Nous espérons pouvoir les rendre publiques dans environ une semaine, si cela est possible.
Vous dites aujourd'hui que c'est aux Irakiens de démontrer qu'ils ont détruit les armes qu'ils avaient. Mais pourquoi cette inversion des charges de la preuve qui crée un doute chez les Européens ?
Il est raisonnable de demander aux Irakiens de se conformer enfin à ce que l'ONU demande depuis douze ans. Pourquoi l'Irak ne le fait toujours pas ? Pourquoi ne pas tout ouvrir aux inspecteurs ? Pourquoi tant d'officiels suivent ces inspecteurs ? Pourquoi ne pas nous dire où sont passées les armes détenues il y a douze ans et, si elles ont été détruites, en apporter la preuve ?
Comme l'Afrique du Sud l'a fait lors de son désarmement, l'Irak devrait nous dire : "Demandez ce que vous voulez et nous vous le montrerons. Demandez l'accès à tous les endroits que vous voulez et nous les ouvrirons. Les inspecteurs seront libres et seuls dans leurs visites, et les personnes interrogées ne verront pas leurs familles menacées". Rien de tout cela. Au contraire, les scientifiques concernés refusent de parler à cause des risques pour leurs proches. Cette attitude est une preuve manifeste d'un manque permanent de coopération.
Si l'Irak commençait à coopérer, quelle attitude adopteriez-vous ?
J'aimerai avoir le sentiment qu'ils vont dans cette direction. Saddam Hussein avait, depuis la première semaine de novembre, la possibilité de changer et de coopérer enfin. Au lieu de ça, il a émis une série de diatribes accusant les Etats-Unis de tous les maux. Il a livré à l'ONU un rapport de 12 000 pages de faussetés, ce document ne faisant que reprendre tous les rapports précédents de l'ONU sur le désarmement de l'Irak. C'était le test. S'il était sérieux, il pouvait coopérer. Mais non. Voilà pourquoi le gouvernement américain considère cela comme une "violation patente" des résolutions de l'ONU.
Combien de temps attendrez-vous ?
C'est au président Bush de répondre. Mais tout cela ne peut pas durer éternellement. Nous sommes dans la phase finale.
Si un délai supplémentaire était donné aux inspecteurs, cela permettrait-il un meilleur soutien de la France et de l'Allemagne ?
La presse parle d'un délai. Certains pays pensent en effet que ce serait une bonne idée. Je peux vous dire que si les inspecteurs le demandent dans leur rapport -au Conseil de sécurité lundi 27 janvier-, nous les écouterons. On aura une première réaction, puis, mardi, le président évoquera la situation dans son discours annuel sur l'état de l'Union.
Ensuite, il y aura un débat au Conseil mercredi. Le président passera une partie de la semaine à s'entretenir avec d'autres chefs d'Etat et je ferai de même avec mes collègues. Tony Blair se rendra à Washington vendredi. Plusieurs autres responsables sont attendus. A la fin, nous nous déterminerons. Je ne peux pas vous dire aujourd'hui ni quand ni quelle sera notre position.
Quelle est votre interprétation de la résolution 1441 ?
Elle comporte plusieurs éléments importants. Lors de sa négociation, on était tous d'accord pour dire que Saddam Hussein viole ses obligations. Il était en violation patente, et l'est encore, des résolutions précédentes de l'ONU. Certains pays disaient, ne regardons pas le passé mais l'avenir. Nous, nous disions qu'il était et est en violation et qu'il fallait lui donner une dernière chance mais à la condition qu'il se plie à une liste de critères spécifiques afin de rendre possible le travail des inspecteurs.
Nous voulions aussi prévoir d'avance les conséquences d'une nouvelle violation patente. C'était un point très débattu entre nous mais, finalement, il est prévu des "conséquences sérieuses" en cas de non-coopération, ce qui signifiait, sans qu'il y ait d'ambiguïté là-dessus, l'emploi de la force. Nous savons que certains pays veulent aujourd'hui revenir au Conseil et nous le comprenons. Mais nous ne voulons pas nous engager sur une deuxième résolution : on s'en réserve le droit mais on se réserve aussi celui, tenant compte des anciennes violations patentes et des nouvelles, d'en venir à une action unilatérale, avec éventuellement d'autres pays.
A quelles conditions accepteriez-vous une deuxième résolution ?
Si nous jugeons qu'il faut prendre une option militaire, ce serait nettement mieux qu'elle soit entreprise avec toute la communauté internationale. Et si nous pouvions avoir une résolution faisant état de l'emploi de "tous les moyens nécessaires", ce serait plus simple pour certaines nations de se joindre à nous. On s'en féliciterait alors. Mais ce ne peut être une condition préalable. Au cas où nous agirions en l'absence d'une nouvelle résolution, nous ne serions pas seuls, je suis en contact avec plusieurs alliés qui nous ont dit qu'ils nous suivront.
Au coeur des divergences entre les Etats-Unis et l'Europe, n'y a-t-il pas le changement de doctrine qui fait passer la stratégie de la notion de "containment" à celle d'action préventive ?
Il y a des divergences entre nous. Elles sont normales et il y en a toujours eu. Mais nous ne pouvons pas être séparés. Parler d'une fracture est totalement faux. Vous évoquez notre nouvelle stratégie de défense, mais le texte ne comporte que deux paragraphes sur les frappes préventives. Il ne s'agit que de l'un des moyens de faire face aux menaces nouvelles aux côtés d'autres comme le développement économique ou sanitaire. Tous les pays ont le droit de préempter une menace. C'est comme si un policier voyait quelqu'un courir avec une arme dans la rue. Il doit l'arrêter !
Ce que nous avons fait n'est que de donner plus d'importance à ce moyen mais notre stratégie demeure la même : la coopération avec nos alliés. Dit-on que les Etats-Unis veulent être plus forts que tout le monde ? Mais ce n'est pas forcément mauvais ! Nous avons montré dans le passé que nous savions utiliser sagement ce pouvoir militaire. Ce n'est pas un facteur d'instabilité mais de stabilité. Quant à la stratégie de containment, elle a tout simplement perdu de son efficacité. Comment contenir Al-Qaida ?
Pourquoi l'Irak est-il devenu la priorité passant devant la lutte contre le terrorisme ?
Non, la lutte contre le terrorisme reste notre première préoccupation. Mais Saddam Hussein est une menace très grave pour la région et pour le monde. C'est un Etat qui a sponsorisé le terrorisme et qui a développé des armes de destruction massive avec application. On ne peut qu'être inquiet de voir ces armes se retrouver en des mains terroristes.
Mais aucun lien n'a été trouvé entre Bagdad et Al-Qaida...
Nous avons des preuves, non pas d'une participation irakienne aux attentats du 11 septembre, mais de liens entre les deux.
De quel poids pèse le pétrole dans votre politique ?
Le pétrole appartient aux Irakiens. Si une guerre devait avoir lieu nous respecterons les lois internationales comme nous l'avons toujours fait. Dire que nous ferions cette guerre pour le pétrole est une bêtise.
Vous dites que le conflit peut encore être évité, mais les opinions publiques pensent que vous voulez cette guerre...
Le président Bush ne veut pas la guerre. Mais il dit aussi qu'il n'y aura pas de solution en Irak si on ne démontre pas notre volonté d'aller jusqu'à la guerre. L'opinion ne retient que la deuxième partie de la phrase. Ce n'est pas notre préférence mais, s'il n'y a pas de solution pacifique, ce sera la guerre.
Propos recueillis par Jean-Marie Colombani (entretien accordé à huit journaux européens)
Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Armes et armements; Politique extérieure et relations internationales Taille : Long, 1019 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030128LM0306963
 Le Monde International, mardi 28 janvier 2003, p. 4
Un consensus européen minimum pour un soutien total aux Nations unies
Les Quinze affichent un relatif optimisme
Bruxelles de notre bureau européen
La crise irakienne constitue d'abord pour les Européens un défi de taille pour tenter de présenter un front uni en matière de politique étrangère. Sachant que ce dossier ne peut que mettre à nu leurs divisions, ils se sont gardés jusqu'à présent d'ouvrir le moindre débat à propos de l'Irak, quitte à jeter une lumière crue, le moment venu, sur leurs divergences. Cette politique de l'autruche pourrait rencontrer ses limites, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères des Quinze, lundi 27 janvier, jour de remise du rapport des inspecteurs de l'ONU sur le désarmement de l'Irak au Conseil de sécurité.
En raison du décalage horaire entre Bruxelles et New York, la réunion des Quinze intervient trop tôt pour leur permettre d'émettre un avis fondé sur les conclusions de M. Blix. Loin d'être une fâcheuse coïncidence, ce décalage les arrange : il va leur permettre, une nouvelle fois, de temporiser. La Grèce, qui préside l'Union européenne, est placée dans une position difficile : sa responsabilité est de tout faire pour que le fragile consensus européen, qui repose sur le rôle prépondérant des Nations unies dans la crise irakienne, perdure.
Elle a donc pris l'initiative de convoquer, lundi matin, une réunion spéciale des quatre pays qui siègent actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU - la France et la Grande-Bretagne, comme membres permanents, ainsi que l'Allemagne et l'Espagne -, à laquelle assisteront, outre le ministre grec, son homologue italien (l'Italie assumera la prochaine présidence de l'Union européenne) et Javier Solana, Haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et de sécurité.
L'ambition de cette rencontre est limitée : il s'agit de se concerter, d'échanger des informations et de tenter de dégager les bases d'un consensus minimal pour la réunion à quinze.
Le fait que Tony Blair ait indiqué qu'il était favorable à donner "autant de temps qu'il faudra"aux inspecteurs de l'ONU, et que Colin Powell, le secrétaire d'Etat américain, n'ait pas écarté la possibilité d'une prolongation de leur mission si telle est la demande de M. Blix, incite les Quinze à un relatif optimisme : une fois encore, il devrait être possible de retarder l'étalage public des divergences européennes.
DÉCLARATION COMMUNEC'est dans cet esprit que la présidence grecque a préparé une déclaration commune en cinq points, qui reprend les termes d'un consensus minimal peu différent du texte adopté lors du sommet européen de Copenhague, en décembre.
Selon une version provisoire de ce texte, les Quinze rappellent que leur "objectif clair" est le désarmement par l'Irak de "toutes ses armes de destruction massive", conformément aux résolutions des Nations unies ; l'Union européenne presse le gouvernement irakien de "saisir cette ultime chance de se conformer entièrement à ses obligations en matière de désarmement" ; les Quinze continuent d'apporter un soutien total à l'ONU et au Conseil de sécurité, "qui porte la responsabilité principale" s'agissant de la crise irakienne et dont le rôle pour préserver "la paix et la sécurité globale doit être préservé".
L'Union européenne renouvelle son soutien à Hans Blix et Mohamed ElBaradei, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et souligne qu'en cas de "preuves substantielles" de la non-coopération de l'Irak, "de nouvelles consultations devraient avoir lieu entre les membres du Conseil de sécurité, ainsi que des contact intensifs"entre ministres européens. La présidence grecque aimerait aller au-delà, par exemple souligner que toute action ultérieure devrait être décidée par le Conseil de sécurité, mais il est probable qu'elle n'insistera pas sur ce point, pas plus que sur la nécessité d'une seconde résolution des Nations unies pour engager une intervention militaire.
Plusieurs pays, au premier rang desquels la Grande-Bretagne, ne sont pas prêts à s'engager sur ce point. Sans adopter une ligne aussi pro-américaine que Londres, l'Espagne et l'Italie, puis le Danemark et les Pays-Bas, sont les pays les plus soucieux de ne pas adopter une position contraire à celle de Washington. Les plus attachés à une stricte démarche onusienne sont, outre la France et l'Allemagne, la Grèce, la Belgique, le Luxembourg, la Suède. Mais il s'agit là d'une distinction fragile : alliées face à la position va-t-en-guerre de Washington, l'Allemagne et la France ont sur le fond des positions fort différentes.
Si la première est résolument pacifiste à propos de l'Irak, la seconde y réfléchira à deux fois avant d'opter pour la non-participation à une guerre qui serait en tout état de cause menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Faute de pouvoir se prévaloir d'une approche commune à propos de l'Irak, les Quinze vont adopter à l'unanimité une initiative qui, dans une période internationale moins tendue, aurait été célébrée avec davantage d'éclat : la décision politique permettant à l'Union européenne de prendre le relais des forces de l'OTAN en Macédoine en mars-avril. Il s'agira de la première opération militaire des Quinze, puisque la mission en Bosnie, commencée début janvier, est de nature policière.
Laurent Zecchini
L'Europe de l'Est derrière Washington
Elevés au rang d'alliés modèles par Washington, les pays d'Europe de l'Est appuient fermement les Etats-Unis dans la crise irakienne. La Hongrie a mis à disposition de l'armée américaine sa base de Taszar pour former quelque 3 000 exilés irakiens à des fonctions de liaison en cas de guerre en Irak. La République tchèque a rapidement répondu à une demande américaine de fournir une unité spécialisée de protection contre les armes chimiques ou bactériologiques. Le chef de la diplomatie polonaise, Wlodzimierz Cimoszewicz, a déclaré à plusieurs reprises que la Pologne était prête à soutenir une action militaire des Etats-Unis contre l'Irak même sans l'accord de l'ONU. Les dirigeants d'Europe de l'Est estiment que leur prochaine appartenance à l'Union européenne n'est pas contradictoire avec leur fidélité atlantique. "Les pays de notre région ne doivent pas tomber dans le piège d'un faux dilemme de loyauté et établir une hiérarchie", a affirmé samedi le chef de la diplomatie roumaine, Mircea Geoana. - (AFP.)
Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Armes et armements; Politique extérieure et relations internationales Taille : Long, 742 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030128LM0306967
par ericjeanloicbreton le 2003-01-28 11:23:54
Permalien | |
Jeudi 23 janvier 2003
Les Pays-Bas au bord du seuil d'intolérance L'intégration des immigrés au coeur de la campagne électorale.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Nathalie DUBOIS
mercredi 22 janvier 2003

 «A la différence de mai 2002, cette campagne porte plus sur l'intégration que sur l'immigration. C'est positif.» Ayaan Hirsi Ali, du Parti libéral VVD |
|
Utrecht, Amsterdam envoyée spéciale
yaan Hirsi Ali a trois gardes du corps pour mener sa campagne. Une escouade de policiers est aux aguets dans la librairie d'Utrecht où la séduisante réfugiée somalienne de 32 ans vient signer son livre, Usines à fils. Une cinquantaine d'admirateurs sont là pour une dédicace et un mot d'encouragement à celle que les médias ont surnommée la «Salman Rushdie des Pays-Bas». Son pamphlet est un brûlot contre l'islam et un appel aux femmes immigrées à se révolter contre l'oppression de cette religion, à ne plus rester en marge des libertés qu'offre l'Occident. Elle-même a fui la Somalie il y a dix ans quand son père a voulu la marier de force. A l'automne dernier, Ayaan Hirsi Ali a dû se cacher quelque temps aux Etats-Unis. Menacée de mort après un débat télévisé où, comme Pim Fortuyn, le leader populiste assassiné le 5 mai 2002, elle avait traité l'islam de «religion arriérée».
Multiculturalisme. Avec son slogan «les Pays-Bas sont pleins» et sa solution simpliste de fermeture des frontières, la Liste Pim Fortuyn arrivée deuxième aux législatives de l'an dernier a provoqué un séisme dans la placide et terne politique néerlandaise. Son parti a beau s'être désagrégé à l'épreuve du pouvoir (lire encadré), feu Pim projette toujours son ombre sur le pays. «Mais à la différence de mai 2002, cette campagne porte plus sur l'intégration que sur l'immigration. C'est positif», se réjouit Hirsi Ali, en bonne position sur la liste du parti libéral VVD. L'establishment politique, la «clique des régents de La Haye» que brocardait Fortuyn, a repris tous ses droits, mais un bâillon a sauté : celui du politiquement correct qui interdisait de remettre en cause ce multiculturalisme dont les Pays-Bas se sont si longtemps enorgueillis. «En un an, tout a changé. Même les Verts n'osent plus utiliser la rhétorique multiculturelle. Et de droite à gauche, le discours est le même : les immigrés doivent apprendre notre langue, adhérer à nos valeurs, s'adapter à notre style de vie», relève Boris Slijper, auteur d'une thèse sur la démocratie multiculturelle à Amsterdam.
Les Pays-Bas, où, au nom de la non-discrimination et de la reconnaissance des minorités, l'Etat finance une quarantaine d'écoles islamiques, où le port du foulard est accepté dans la plupart des établissements scolaires, sont sortis de leur douce rêverie après le choc des attentats du 11 septembre. «La Hollande a soudain pris conscience du fossé des mentalités. Elle est allée trop loin dans la négation de sa culture et de sa langue, en s'accrochant à une vision folklorique des cultures étrangères», dénonce Hafid Bouazza, jeune écrivain d'origine marocaine, élevé aux Pays-Bas et témoin rageur de l'impossible émancipation de trop de jeunes filles de sa communauté.
Paradis de la tolérance, avant-garde mondiale de la libération des moeurs, le petit royaume qui a légalisé les drogues douces, l'euthanasie, la prostitution et le mariage homosexuel, bute aujourd'hui sur le défi d'intégrer le million de musulmans essentiellement turcs et marocains établis sur son sol. «Cette société multiculturelle est une fiction. On ne vit pas ensemble. Le pays est un archipel de groupes ethniques», clame l'éditorialiste et écrivain Paul Scheffer, l'un des premiers à crier au loup. Le communautarisme, soutient-il, n'a fait qu'entretenir la ségrégation, car «la tolérance est devenue indifférence» et arme subtile d'exclusion.
Stigmatisation. Fortuyn a porté le coup fatal au tabou qui «interdisait de parler des problèmes d'intégration sauf à se faire traiter de raciste», selon Hirsi Ali. Mais le retour de balancier est plutôt rude, au point que la communauté marocaine vient de publier une lettre ouverte contre la stigmatisation qui la frappe. De fait, le discours dominant met aujourd'hui l'accent sur les tares du système : la multiplication des «écoles noires» où ne vont plus que les enfants des minorités ethniques car les autres se réfugient dans les «écoles blanches», la délinquance des jeunes immigrés, le spectre de l'endoctrinement antioccidental dans les mosquées, l'apparition de tchadors dans une école professionnelle d'Amsterdam, la rareté des mariages mixtes puisque trois jeunes sur quatre de la seconde génération ramènent leur conjoint (e) de l'étranger.
Les yeux pudiquement baissés sur son petit sac à main en Skaï blanc, Nazha, 20 ans, arrivée de Ouarzazate, laisse son jeune époux marocain, aux Pays-Bas depuis 1974, expliquer les démarches dont ils sortent pour l'inscrire au programme «Inburgering». Cette formation d'un an impose, depuis 1998, à tout nouvel immigrant de suivre 600 heures d'«initiation à la citoyenneté» : «des cours de néerlandais, mais aussi un tas d'informations pratiques sur la santé, le système scolaire, la recherche d'emploi. On leur explique aussi la mentalité et les valeurs de ce pays», commente la fonctionnaire Gabriëlle Bekhuis. Un investissement de 6 000 euros par immigrant, que le généreux Etat hollandais ne paiera peut-être plus entièrement à l'avenir. La droite brandit des menaces de sanctions ou de renvoi contre qui ratera l'examen de passage, mais le Parti social-démocrate n'est pas en reste. Wouter Bos, son nouveau leader, est aussi d'accord pour punir les «mauvais élèves». Un nouveau ton qui froisse la vieille garde viscéralement multiculturelle du parti, mais se révèle étonnamment payant dans les sondages.
Modèle. «Tomber dans le rejet ne fera que creuser le fossé, met en garde le sociologue Jan Willem Duyvendak. Il n'empêche qu'il faut tirer les leçons de la crise Fortuyn.» En affrontant les questions de société posées par la démographie : «Comment les Pays-Bas se pensent-ils en 2010-2015 avec 3 millions d'immigrés ? Notre modèle communautariste a-t-il définitivement échoué ? Doit-on aller vers le modèle républicain d'assimilation à la française ?», s'interroge-t-il. A Amsterdam et Rotterdam, les «allochtones» (immigrés et enfants d'immigrés) constituent déjà presque la moitié de la population.
Angoisse. Jadis si fière de son cosmopolitisme, de son génie du consensus, la société néerlandaise, de plus en plus laïque et individualiste, souffre de l'angoisse indéfinissable d'une perte des repères : «Quelles sont les valeurs qui nous lient ? Comment trouver un nouvel équilibre entre l'individu et la collectivité ? Ce sont des questions auxquelles, ici comme partout en Europe, on ne pourra pas se dérober», estime Paul Scheffer. Le Premier ministre sortant, le chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende, a perçu cette crise, proposant un grand débat national sur les «normes et valeurs».
Un thème fourre-tout que chaque parti met maintenant à sa sauce. Sous ce vocable «normes et valeurs», les Néerlandais questionnent en fait les abus quotidiens de cette tolérance, qu'ils sentent dégénérer en «laxisme» ou en «laissez-faire». «Nous sommes devenus trop soft», selon Balkenende, auteur d'une formule résumant bien le nouveau vent qui souffle sur les polders : «NL, le sigle de Nederlands, ne doit plus être synonyme de No Limits.».
|
par ericjeanloicbreton le 2003-01-23 09:29:53
Permalien | |
Mardi 21 janvier 2003
par ericjeanloicbreton le 2003-01-21 11:52:46
Permalien | |
Mardi 21 janvier 2003
| Visite d'Ali Benflis en France : relancer la relation France-Algérie |
A l'invitation de Jean-Pierre Raffarin, Ali Benflis, chef du Gouvernement algérien, a effectué une visite officielle en France les 16 et 17 janvier 2003. Jean-Pierre Raffarin a souligné que cette visite était, notamment, "l'occasion d'une relance, d'une refondation [de la relation entre la France et l'Algérie]". |
 |
 [ lire l'article ] [ 20/01/2003 12:16 ] |
par ericjeanloicbreton le 2003-01-21 11:27:55
Permalien | |
Articles 1 à 20 sur 105
Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|
|
|