• LE MONDE | 04.01.03 | 12h41 L'utilisation de la force militaire contre Bagdad est "la dernière option", affirme George Bush Les troupes américaines seront toutefois portées à 90 000 hommes dans les prochaines semaines. Revêtu d'une veste militaire kaki, George Bush a réaffirmé, vendredi 3 janvier, aux soldats de la base militaire de Fort Hood (Texas) que l'Irak "est une menace pour les Etats-Unis" parce que ce pays possède des armes de destruction massive. Il a toutefois précisé que "l'utilisation de la force militaire est la dernière option" retenue par les Etats-Unis, affirmant que Saddam Hussein "sait précisément ce qu'il doit faire pour éviter un conflit" et que, "encore maintenant, il peut mettre fin à son attitude de défi en changeant radicalement de cap". "Il peut faire ce choix", a-t-il ajouté, avant d'indiquer que, "si l'utilisation de la force se révèle nécessaire (...), l'Amérique agira de manière décisive", sous les applaudissements des quelque 75 000 militaires rassemblés dans cette base. "Nous sommes prêts, nous sommes préparés", a affirmé le président Bush, soulignant que "si Saddam Hussein scelle son destin en refusant de désarmer, en ignorant l'opinion internationale, nous combattrons non pas pour conquérir, mais pour libérer les gens". MANIFESTATIONS AU PAKISTAN Commentant la déclaration remise le 7 décembre par les autorités irakiennes à l'ONU et censée faire l'inventaire de leurs armes de destruction massive, M. Bush a estimé que "le dictateur irakien n'a même pas essayé de présenter une déclaration crédible... Nous pouvons désormais être certains qu'il tient les Nations unies et les résolutions de leur Conseil de sécurité pour quantité négligeable. Il ne tient aucun compte de l'opinion. On lui a offert un chemin vers la paix, mais, jusqu'à présent, il a choisi celui du défi". Le chef de l'Etat américain a conclu sa visite en affirmant : "Nous voulons faire avancer la liberté dans un monde en paix. C'est la tâche que nous a donné l'histoire, et c'est la tâche que nous voulons remplir." Des menaces ont été proférées contre les Américains séjournant au Pakistan et des effigies du président Bush ont été brûlées vendredi au cours de manifestations qui ont rassemblé des milliers de Pakistanais dans les principales villes du pays qui protestaient contre une éventuelle guerre en Irak. Les manifestants ont également dénoncé la chasse aux militants du réseau terroriste Al-Qaida entreprise par les Américains sur le territoire pakistanais, la qualifiant d'agression. "Une guerre contre l'Irak est une guerre contre l'islam", ont scandé les manifestants. Des forces militaires et policières avaient été déployées autour des mosquées et des missions diplomatiques étrangères pour empêcher tout acte de violence, mais aucun incident n'a été signalé. A Bahreïn, des centaines de personnes ont manifesté pour la deuxième semaine consécutive, en solidarité avec les Irakiens, tandis que Washington continue de renforcer son dispositif militaire dans le Golfe, avec le déploiement annoncé d'une division d'infanterie de 17 000 hommes. Le Pentagone a indiqué que les effectifs américains d'environ 65 000 soldats actuellement seraient portés à 90 000 dans les prochaines semaines. Les inspecteurs de l'ONU ont effectué, vendredi, de nouvelles visites de sites. C'était la 35e journée d'inspections depuis que la mission est arrivée à Bagdad, le 25 novembre. Selon les autorités irakiennes, en cinq semaines, 230 sites ont été inspectés et aucune trace d'armes de destruction massive n'a été trouvée. Le vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a répété que son pays ne disposait plus d'armes prohibées et que les accusations de Washington selon lesquelles il en détenait étaient sans fondement. – (AFP, Reuters.) |
